
La Thaïlande a accueilli le 8 juin à Bangkok la 26e conférence régionale de la FBI National Academy Associates (FBINAA) Asia Pacific Chapter, réunissant plus de 150 hauts responsables policiers venus de 26 pays. Objectif : intensifier la coopération face aux menaces croissantes du crime organisé transnational et de la cybercriminalité.
Lors de l’ouverture, le chef de la police nationale, le général Kitrat Phanphet, a souligné que les réseaux criminels exploitent de plus en plus les technologies numériques pour étendre leurs activités et échapper aux enquêtes. Les escroqueries en ligne, en forte hausse dans la région, fragilisent la confiance du public et exigent une réponse coordonnée. Le thème choisi, United in Action: Combating Transnational Organized Crime in the Digital Age, soit Unis dans l’action : combattre le crime organisé transnational à l’ère numérique illustre cette urgence.
La rencontre marque également les 40 ans de coopération entre la Thaïlande et le réseau FBINAA. Bangkok avait déjà accueilli la première édition en 1986, puis une seconde, avant d’être à nouveau choisie cette année. Le réseau s’est considérablement élargi : il couvre désormais 49 pays et compte plus de 14 000 membres issus de 173 nations, tous formés à l’académie du FBI à Quantico, aux États‑Unis.
Parmi les participants figuraient William J. Carbone, président de l’association des anciens élèves du FBI, Andrew Bailey, directeur adjoint du Bureau fédéral américain, ainsi que Sean K. O’Neill, ambassadeur des États‑Unis en Thaïlande. Leur présence témoigne de l’importance stratégique de cette coopération policière internationale.
Au‑delà du partenariat avec Washington, la Thaïlande multiplie les échanges avec d’autres pays européens, notamment la France. La police française collabore régulièrement avec ses homologues thaïlandais dans la lutte contre les trafics de stupéfiants, la traite des êtres humains et les escroqueries en ligne. Des officiers français participent à des formations conjointes et partagent leur expertise en matière de cyber‑enquêtes, renforçant ainsi la capacité des forces locales à identifier et démanteler des réseaux transnationaux.
Cette coopération illustre une tendance plus large : face à des menaces sans frontières, les polices nationales doivent s’appuyer sur des alliances solides. La conférence de Bangkok a ainsi servi de plateforme pour échanger des renseignements, planifier des opérations conjointes et développer les compétences des enquêteurs. Pour la Thaïlande, qui fait face à une recrudescence des arnaques numériques et des activités mafieuses, l’événement est aussi une vitrine de son engagement à jouer un rôle central dans la sécurité régionale.
En accueillant cette réunion internationale, Bangkok confirme son statut de carrefour stratégique pour la lutte contre le crime transnational en Asie du Sud‑Est. Bangkok demeure malheureusement, pour diverses mafias — notamment celles d’origine chinoise — un centre logistique de premier plan.



