
New York – Le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a profité de son intervention à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies pour lancer un double message : apaiser les tensions avec le Cambodge et réclamer une réforme en profondeur du système onusien.
Frontière thaïlando-cambodgienne : éviter l’escalade
Anutin a exprimé son regret face à la décision de Phnom Penh d’engager une procédure de conciliation sous la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS). Selon lui, ce mécanisme ne concerne que la délimitation maritime et ne doit pas être interprété comme une remise en cause de la souveraineté terrestre de la Thaïlande.
Le chef du gouvernement a rappelé que lui et son homologue cambodgien Hun Manet avaient convenu de privilégier le dialogue bilatéral. Il a exhorté le Cambodge à coopérer sur des dossiers concrets : sécurité frontalière, opérations de déminage et lutte contre les réseaux d’arnaques en ligne. « La Thaïlande agit de bonne foi et n’a jamais cherché le conflit », a-t-il insisté.
Réformer l’ONU pour restaurer la confiance
Sous le thème « Restoring Trust, Managing Transformation: A United Nations that Delivers for All » ou « Restaurer la confiance, gérer la transformation : une Organisation des Nations unies qui agit pour tous », Anutin a plaidé pour une réforme du Conseil de sécurité afin de donner plus de voix au Sud global. Il a également suggéré qu’il était peut-être temps de nommer une femme secrétaire générale de l’ONU, afin de promouvoir l’égalité de genre au sommet de la gouvernance mondiale.
Pour lui, la paix ne se limite pas à l’absence de guerre : elle doit inclure la coopération constructive, le respect du droit et une sécurité qui profite réellement aux populations.
Myanmar, Palestine et criminalité transnationale
Sur la crise birmane, Anutin a réaffirmé le soutien de Bangkok à une solution menée par les acteurs locaux, avec un rôle de médiation calibré de l’ASEAN. Concernant la Palestine, il a réitéré l’engagement de la Thaïlande en faveur de la paix et de la réconciliation.
Le Premier ministre a aussi annoncé que la Thaïlande était prête à travailler avec l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) pour intensifier la lutte contre le trafic de stupéfiants, la criminalité transnationale et la cybercriminalité.
Un appel à la coopération sincère
À l’occasion du 80e anniversaire de l’ONU, Anutin a insisté sur la nécessité de restaurer la confiance dans le multilatéralisme. Il propose de commencer par des groupes restreints de pays avant d’élargir la coopération, afin que les États souvent marginalisés puissent enfin faire entendre leur voix.
En résumé : à New York, Anutin a défendu une approche pragmatique – dialogue bilatéral avec le Cambodge, réforme du Conseil de sécurité, égalité de genre et lutte contre les crimes transnationaux – pour replacer la confiance et la coopération au cœur de l’ordre international.



