Création saisonnière de Dej Kewkacha à base de kaki, de chrysanthème et de noix de ginkgo, symbole de son approche fusion entre desserts thaïlandais et japonais.
La gastronomie thaïlandaise a brillé sous les projecteurs internationaux lors de la cérémonie des World’s 50 Best Restaurants 2026 organisée à Lima, au Pérou. La soirée a été marquée par un doublé exceptionnel pour le royaume : le pâtissier thaïlandais Dej Kewkacha est devenu le premier chef asiatique à recevoir le titre de meilleur pâtissier du monde, tandis que le restaurant bangkokien Gaggan s’est hissé à la deuxième place du classement mondial des restaurants.
Figure montante de la scène culinaire asiatique, Dej Kewkacha s’est imposé grâce à une approche innovante qui revisite les desserts thaïlandais traditionnels sous forme de menus dégustation haut de gamme. Autodidacte, il s’était déjà vu décerner le titre de meilleur pâtissier d’Asie en 2025 avant d’atteindre cette année la consécration mondiale.
Au lendemain de sa victoire, le chef a affiché une ambition claire : faire connaître au monde entier la richesse de la pâtisserie thaïlandaise. Selon lui, les desserts du royaume constituent un formidable outil de rayonnement culturel encore largement sous-exploité. Après des décennies durant lesquelles le pad thaï et le tom yum goong ont dominé l’image culinaire du pays à l’étranger, il estime que les douceurs thaïlandaises méritent désormais leur place sur la scène internationale.
Cette distinction individuelle s’inscrit dans un succès plus large pour la restauration thaïlandaise. Seul l’établissement espagnol Asador Etxebarri, situé à Atxondo, a devancé Gaggan dans le classement mondial. Le restaurant du chef Gaggan Anand, déjà considéré comme une référence incontournable de la cuisine créative asiatique, a par ailleurs conservé son titre de meilleur restaurant d’Asie.
Bangkok confirme ainsi sa place parmi les grandes capitales gastronomiques de la planète. Outre Gaggan, quatre autres établissements de la capitale figurent dans le prestigieux classement : Sorn (12e), Suhring (14e), Nusara (18e) et Potong (32e).
Ces résultats illustrent l’évolution spectaculaire de la cuisine thaïlandaise, qui ne se limite plus à ses spécialités populaires. Entre gastronomie d’avant-garde, valorisation des produits locaux et réinterprétation des traditions, les chefs du royaume séduisent désormais les critiques les plus exigeants du monde.
Pour la Thaïlande, cette moisson de récompenses représente bien plus qu’un simple succès culinaire. Elle renforce l’image du pays comme destination gastronomique majeure et confirme que sa « soft power » passe désormais autant par ses desserts raffinés que par ses plats emblématiques.



