
La Thaïlande continue de perdre du terrain en matière d’état de droit. Selon l’édition 2026 du classement publié par le World Justice Project (WJP), le royaume occupe désormais la 80e place sur 143 pays et juridictions évalués, soit un recul de trois rangs par rapport à l’année précédente. Avec une note de 0,50 sur 1,00, le pays se situe également au 24e rang des 44 économies classées dans la catégorie des revenus intermédiaires supérieurs.
Les résultats du World Justice Project montrent que les principales faiblesses de la Thaïlande concernent le manque de contre-pouvoir, la lutte peu efficace contre la corruption et l’application aléatoire des réglementations, avec des scores inférieurs à la moyenne mondiale. Le royaume obtient également des résultats modestes en matière de droits fondamentaux ainsi que de justice civile et pénale. La transparence des institutions publiques reste un autre point de faiblesse relevé par l’indice. En revanche, la Thaïlande se distingue positivement dans le domaine de l’ordre et de la sécurité, où son score dépasse la moyenne mondiale.
Au sein de l’Asie du Sud-Est, la Thaïlande se retrouve dans le milieu du tableau. Singapour domine largement la région avec un score de 0,79 et figure parmi les meilleurs élèves du monde. La Malaisie obtient 0,57, tandis que l’Indonésie atteint 0,51. La Thaïlande partage son score avec le Vietnam. Derrière eux figurent les Philippines (0,46), le Myanmar (0,33) et le Cambodge (0,31).
Le classement mesure notamment l’indépendance des institutions, le niveau de corruption, la transparence gouvernementale, le respect des droits fondamentaux, la sécurité, l’application des réglementations ainsi que l’efficacité de la justice civile et pénale.
À l’échelle mondiale, les pays nordiques continuent de dominer l’indice. Le Danemark conserve la première place, devant la Norvège, la Finlande, la Suède et le Luxembourg. À l’autre extrémité du classement, le Venezuela occupe la dernière position, précédé par l’Afghanistan, Haïti, le Cambodge et le Nicaragua.
Mais au-delà du classement thaïlandais, le rapport met en évidence une tendance mondiale préoccupante. Pour la neuvième année consécutive, davantage de pays ont enregistré une dégradation de leur situation qu’une amélioration. Selon le WJP, 62 % des États évalués ont vu leur score diminuer en 2026.
L’organisation constate également un recul persistant des mécanismes destinés à limiter les abus de pouvoir. Plus de 86 % des pays ont connu au cours des cinq dernières années une détérioration d’au moins un indicateur lié aux contre-pouvoirs institutionnels, à la transparence gouvernementale ou aux libertés fondamentales.
Les libertés civiques figurent parmi les domaines les plus touchés. La liberté d’expression recule dans près des deux tiers des pays étudiés, tout comme la liberté de réunion et d’association. L’indépendance de la justice et sa capacité à résister aux pressions politiques apparaissent également fragilisées dans de nombreuses régions du monde.
Pour le World Justice Project, l’état de droit ne constitue pas seulement un indicateur démocratique. L’organisation souligne également qu’il est étroitement lié à la prospérité économique, à la stabilité des prix et à la confiance des investisseurs. Un constat qui rappelle que la qualité des institutions reste un enjeu central pour l’attractivité et le développement des nations.
À titre de comparaison, plusieurs pays francophones ou occidentaux se situent nettement devant la Thaïlande dans l’indice 2026 du World Justice Project. Le Canada occupe la 13e place mondiale avec un score de 0,79, suivi de la Belgique (17e, 0,78) et de la France (22e, 0,72). La Suisse ne figure pas dans ce classement, mais est généralement créditée pour sa grande équité.
Ces résultats illustrent l’écart qui subsiste entre la Thaïlande, classée 80e avec un score de 0,50, et les démocraties occidentales disposant d’institutions judiciaires plus solides et de mécanismes de contrôle du pouvoir mieux établis.



