
Nouvelle condamnation pour l’une des figures les plus connues du mouvement pro-démocratie thaïlandais. Vendredi, le tribunal pénal de Bangkok a condamné l’avocat et défenseur des droits humains Arnon Nampa à deux ans et huit mois de prison supplémentaires pour crime de lèse-majesté. Avec cette nouvelle peine, le total de ses condamnations atteint désormais 38 ans d’emprisonnement.
L’affaire concerne une manifestation organisée le 25 novembre 2020 devant le siège de la Siam Commercial Bank (SCB) à Bangkok. Environ 2 000 personnes avaient alors participé à ce rassemblement initié par les mouvements United Front of Thammasat and Demonstration et Free Youth. Les manifestants exigeaient la démission du Premier ministre de l’époque, Prayut Chan-o-cha, ainsi qu’une réforme de la Constitution et de la monarchie.
Au total, cinq militants, dont Arnon Nampa, ont été reconnus coupables en vertu de l’article 112 du Code pénal thaïlandais, la célèbre loi de lèse-majesté qui punit les insultes ou critiques jugées offensantes envers la monarchie. Les juges ont estimé que les actions des accusés dépassaient le cadre du droit constitutionnel de manifester pacifiquement. Initialement condamnés à quatre ans de prison, les prévenus ont bénéficié d’une réduction d’un tiers de leur peine en raison de déclarations jugées utiles à la procédure. Les peines ne sont toutefois pas assorties de sursis.
Âgé de 42 ans, Arnon Nampa est devenu l’un des symboles des manifestations de la jeunesse thaïlandaise qui ont secoué le pays en 2020. Ces mobilisations, inédites par leur ampleur et leurs revendications, réclamaient davantage de démocratie, une réforme de la Constitution rédigée sous l’influence de l’armée et une plus grande transparence concernant le rôle de la monarchie.
Selon son avocat, Krisadang Nutcharut, cette condamnation porte à 38 ans le cumul des peines déjà prononcées contre lui. Arnon reste par ailleurs poursuivi dans plusieurs autres dossiers, la plupart fondés sur l’article 112.
Les défenseurs des droits humains dénoncent régulièrement l’utilisation de cette législation, qu’ils considèrent comme un outil politique destiné à réduire au silence les opposants au pouvoir. Les autorités thaïlandaises soutiennent au contraire que la loi est nécessaire pour protéger l’institution monarchique.



