
Les rayons de plusieurs supermarchés thaïlandais ont été pris d’assaut ces derniers jours. En cause, les recommandations officielles invitant les habitants à préparer un « kit de survie » permettant de tenir 72 heures en cas de situation d’urgence. Si les autorités assurent qu’il ne faut céder à aucune panique, de nombreux consommateurs ont préféré prendre les devants en faisant des réserves de produits de première nécessité.
Dans plusieurs provinces du nord du pays, notamment à Chiang Mai, les ventes d’eau en bouteille, de nourriture non périssable, de médicaments et d’équipements d’urgence ont fortement progressé. Certains commerces proposent désormais des kits prêts à l’emploi comprenant une trousse de premiers secours, une lampe torche, des batteries de secours et diverses fournitures indispensables. Leur prix varie généralement entre 350 et 999 bahts.
Face à cette hausse soudaine de la demande, plusieurs enseignes ont augmenté leurs commandes afin d’éviter les ruptures de stock. À Chiang Mai, un commerçant a indiqué avoir renforcé ses approvisionnements tout en garantissant le maintien des prix habituels.
Cette réaction de la population fait suite à une récente campagne du Département de la prévention et de l’atténuation des catastrophes (DDPM). L’organisme recommande à chaque foyer de disposer d’un sac d’urgence contenant suffisamment de ressources pour subvenir à ses besoins durant les trois premiers jours suivant une catastrophe ou une crise majeure.
Les autorités ont toutefois tenu à préciser que cette mesure ne répondait pas à une menace particulière visant la Thaïlande. Le pays ne figure notamment pas parmi les États directement concernés par les répercussions sécuritaires du conflit au Moyen-Orient. Selon le DDPM, il s’agit avant tout d’une démarche de préparation destinée à faire face à des situations imprévues, qu’il s’agisse de catastrophes naturelles, d’incidents technologiques ou de perturbations des infrastructures.
Le secrétaire général du Conseil national de sécurité, Chaiyapruek Duangprapat, a reconnu que ces recommandations avaient suscité une certaine inquiétude dans plusieurs provinces. Il a néanmoins insisté sur le fait que la Thaïlande disposait de ressources alimentaires suffisantes et qu’aucune pénurie n’était à craindre.
De même, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a tenté de rassurer la population. Il a exhorté les habitants à ne pas céder à la panique ni à accumuler des réserves excessives. Le chef du gouvernement a rappelé que le royaume figurait parmi les principaux producteurs agricoles mondiaux et qu’aucune pénurie n’était à craindre grâce à une chaîne d’approvisionnement nationale pleinement opérationnelle.
Les autorités appellent donc à la préparation, mais sans excès. Prévoir l’imprévu, oui. Vider les rayons des supermarchés, non.



