
Bangkok – Les commerçants de Khao San Road, haut lieu du tourisme pour routards et bobos, redoutent une saison haute en demi-teinte. En cause : la baisse des réservations de long-courriers, liée au conflit au Moyen-Orient, et les nouvelles restrictions sur le cannabis qui menacent la moitié des dispensaires du quartier.
Réservations en berne
Selon l’Association des entreprises de Khao San Road, les réservations d’hébergement sont inférieures aux attentes. Le président, Sanga Ruanwattanakul, explique que de nombreux voyageurs européens hésitent à réserver en raison des tensions régionales et des vols via les compagnies du Golfe moins nombreux. Les alternatives directes sont plus coûteuses, avec des prix gonflés par la hausse du carburant et la capacité limitée des compagnies. Résultat : certains touristes choisissent de dépenser moins, d’autres annulent purement leur séjour. Le taux d’occupation moyen est tombé à 50 % au troisième trimestre.
Cannabis : un coup dur pour les petits commerces
Le nouveau projet de loi sur le cannabis, validé par le gouvernement, limite l’usage à des fins médicales. Les dispensaires devront employer du personnel médical habilité à prescrire, ce qui représente 30 000 à 50 000 baht de charges supplémentaires par mois. Sur environ 100 boutiques dans le quartier, la moitié pourrait fermer. Les plus solides embaucheront, mais beaucoup devront se reconvertir.
Sanga souligne que la majorité des touristes venaient pour un usage récréatif, et que la Thaïlande risque de manquer de personnel médical pour couvrir toutes les petites enseignes. Il prévient aussi que le marché noir pourrait prospérer si les règles ne sont pas clairement expliquées aux visiteurs.
Appel à un vrai encadrement
L’association réclame depuis longtemps une réglementation claire sur l’usage récréatif, avec un zonage des boutiques limité aux quartiers touristiques et une protection renforcée des mineurs. Elle demande également des lois permettant de fermer les vendeurs illégaux et de sanctionner leurs activités.
En résumé : entre la baisse des réservations de long-courriers et la menace de fermetures liées au cannabis, Khao San Road s’attend à une haute saison fragile. Les acteurs locaux appellent à des mesures claires et à une meilleure communication pour éviter que le quartier, symbole du tourisme jeune et international, ne perde de son attractivité.



