
Les autorités thaïlandaises ont lancé une enquête sur un réseau de courtiers surnommés « bao guan », accusés de promettre aux étrangers une entrée garantie dans le royaume moyennant des frais exorbitants. Selon des informations relayées par les médias en ligne, ces intermédiaires auraient profité du durcissement des contrôles à l’aéroport de Suvarnabhumi pour gonfler leurs tarifs, allant de 4 500 à 12 000 bahts selon le type de visa.
En effet, personne n’est assuré d’entrer en Thaïlande. La décision reste toujours entre les mains de l’officier de l’immigration, à l’aéroport ou à la frontière.
La Division 2 de l’immigration a confirmé l’ouverture d’une commission d’enquête. Son porte‑parole, le colonel Pongthorn Pongratchatanan, précise que l’objectif est d’identifier l’origine des rumeurs, les personnes impliquées et les éventuelles communications frauduleuses. Les brokers auraient utilisé le nom d’agences officielles pour crédibiliser leurs offres. Le commandant de la division, le général Kathathorn Khamthiang, promet des sanctions disciplinaires et pénales si des agents de l’immigration sont trouvés impliqués.
Ce durcissement des contrôles n’est pas un hasard. Depuis 2025, l’Immigration Bureau applique une politique stricte pour empêcher les réseaux d’escroqueries et de centres d’appels, chassés des pays voisins, de s’implanter en Thaïlande. Résultat : plus de 13 000 refus d’entrée dans le royaume ont été enregistrés depuis janvier 2026, contre 22 000 sur l’ensemble de l’année précédente. Les profils ciblés incluent les voyageurs abusant des exemptions de visa, les « visa runs » répétés, ou encore les personnes soupçonnées de liens avec des activités criminelles transnationales.
Les brokers auraient exploité cette sévérité accrue pour justifier leurs prix. Certains voyageurs, pourtant munis de visas en règle – étudiants, détenteurs du Thailand Elite ou du Destination Thailand Visa – auraient été trompés par ces promesses d’un passage « sans souci ». Les autorités rappellent que les voyageurs disposant de documents conformes et d’un motif clair n’ont rien à craindre : ils passent normalement les contrôles.
Pour l’immigration, l’enjeu est double : protéger la sécurité nationale et préserver l’image du pays auprès des touristes et investisseurs. « Les personnes qui entrent légalement, avec des documents complets et un but clair, seront facilitées. Mais celles qui cachent leurs intentions ou utilisent de mauvais visas doivent être traitées strictement », insiste le colonel Pongthorn.
L’affaire des « bao guan » illustre les tensions entre ouverture touristique et vigilance sécuritaire. Dans un contexte où la Thaïlande veut attirer des visiteurs de qualité, la lutte contre les réseaux frauduleux devient un test de crédibilité. Les résultats de l’enquête diront si ces brokers agissaient seuls ou avec des complicités plus haut placées.



