
La Thaïlande attire plus que jamais les capitaux étrangers. Selon le Département du développement des affaires (DBD), les investissements venus de l’étranger ont atteint 154 milliards de bahts sur les cinq premiers mois de l’année, soit une hausse spectaculaire de 73 % par rapport à la même période l’an dernier.
Le directeur général du DBD, Poonpong Naiyanapakorn, précise que 528 demandes d’investisseurs étrangers ont été approuvées entre janvier et mai, contre 426 l’an passé. Rien qu’en mai, 90 dossiers ont été déposés. Les pays les plus actifs sont la Chine, Singapour et Taïwan, suivis par les États‑Unis, le Japon et Hong Kong.
Les Américains ont créé 87 entreprises, pour un total de près de 6 milliards de bahts, dans des secteurs variés comme l’ingénierie, la publicité ou la fabrication de plastiques. Les Chinois ont investi 30 milliards de bahts dans 85 sociétés, notamment dans la joaillerie en argent et la production de circuits imprimés. Singapour se distingue avec 74 entreprises et 36,5 milliards de bahts injectés, surtout dans le commerce de pièces automobiles et les services de centres de données. Le Japon suit avec 27,2 milliards de bahts investis dans 71 sociétés, allant des services techniques aux bornes de recharge pour véhicules électriques. Hong Kong complète le tableau avec 48 entreprises et 9,3 milliards de bahts, notamment dans l’ingénierie et les projets d’énergie éolienne.
Près de la moitié de ces investissements – 254 projets – ont bénéficié des privilèges de la loi de promotion des investissements, pour un montant de plus de 100 milliards de bahts. Les secteurs phares incluent la fabrication de pièces aéronautiques, les services de soutien au commerce et les activités liées à l’informatique.
L’Eastern Economic Corridor (EEC), zone stratégique de développement, concentre une part importante de ces flux. Entre janvier et mai, 161 investisseurs étrangers y ont placé près de 60 milliards de bahts, soit 39 % du total. La Chine arrive en tête avec 24,6 milliards, suivie par Singapour (9,9 milliards) et le Japon (8,4 milliards). Les projets concernent l’entretien d’équipements aéronautiques, la maintenance de systèmes de télécommunications et la fabrication de pièces pour climatiseurs.
Les chiffres publiés par le DBD correspondent à des investissements enregistrés et approuvés, pas seulement à des intentions. Les entreprises étrangères ont déposé leurs dossiers, obtenu l’autorisation et déclaré un capital. Cela signifie que l’argent est comptabilisé comme engagement financier réel. En revanche, tous les projets ne sont pas encore matérialisés par des chantiers ou une activité opérationnelle : certains en sont au stade administratif ou préparatoire. Bref, il s’agit d’investissements avérés, mais pas forcément de travaux déjà lancés.
Pour les autorités, cette dynamique confirme l’attractivité du pays malgré un contexte mondial incertain. La Thaïlande espère que ces capitaux étrangers stimuleront l’innovation, créeront des emplois et renforceront son rôle de hub régional.



