
La Thaïlande a tracé une ligne rouge face aux ambitions de SpaceX. Le gouvernement a confirmé qu’il n’autorisera pas l’entreprise d’Elon Musk – ni aucune société américaine – à créer une filiale de télécommunications par satellite détenue à 100 % par des capitaux étrangers. En jeu : la souveraineté nationale et le contrôle des infrastructures stratégiques.
Kirida Bhaopichitr, assistante du ministre du Commerce, a expliqué à Bloomberg que le secteur des satellites en orbite basse (LEO) est le seul domaine où Bangkok refuse une prise de contrôle totale par des investisseurs américains. La loi thaïlandaise limite déjà la participation étrangère à 49 % dans certaines infrastructures de télécommunications.
Cette position ferme bloque de facto l’entrée de Starlink, le service Internet par satellite de SpaceX, via une filiale entièrement détenue par le groupe. Selon la presse locale, l’entreprise avait soumis une demande en ce sens l’an dernier, affirmant qu’elle ne pourrait investir autrement. La proposition a été rejetée. Starlink est pourtant devenu la principale source de revenus de SpaceX, avec 4,29 milliards de dollars générés au dernier trimestre, soit plus de la moitié du chiffre d’affaires global.
La décision intervient alors que des négociations commerciales entre Washington et Bangkok doivent reprendre fin août. La Thaïlande se dit prête à des concessions sur d’autres produits : augmentation des importations d’avions, de gaz naturel liquéfié, de soja et de maïs américains, suppression de certains droits de douane, et reconnaissance des standards américains pour le bœuf, l’agneau et les boissons alcoolisées. En revanche, le porc reste exclu.
L’objectif affiché par Bangkok est de maintenir le taux moyen des droits de douane américains sur ses exportations en dessous de 19 %, seuil fixé lors d’accords précédents. Mais pour les satellites, le gouvernement insiste : il ne s’agit pas d’un produit marchand, c’est une question de sécurité nationale.
Cette position illustre la tension entre ouverture économique et protection des secteurs jugés sensibles. Alors que SpaceX multiplie les implantations en Asie, la Thaïlande choisit de préserver son contrôle sur les télécommunications spatiales, quitte à repousser un acteur mondial majeur.
Il aurait été croquignolesque de voir Elon Musk posséder une entreprise thaïlandaise à 100 % alors qu’un petit boulanger occidental doit trouver un investisseur local et lui céder 51 % de son entreprise.



