
Bangkok – La Thaïlande figure à la 43e place sur 169 pays dans le dernier rapport sur le développement durable (SDR 2026), publié le 23 juin.
Le Sustainable Development Report 2026 (SDR 2026) a été rédigé par un consortium international de chercheurs et d’experts en développement durable. Il s’appuie sur des données issues d’organisations comme l’ONU, la Banque mondiale, l’OCDE ou encore l’OMS, complétées par des sources alternatives (ONG, réseaux de recherche, enquêtes mondiales). L’analyse et la publication sont coordonnées par l’équipe du Sustainable Development Solutions Network (SDSN), qui produit chaque année ce rapport de référence sur les Objectifs de développement durable.
Avec un score global de 75,4 points, le royaume se situe au‑dessus de la moyenne régionale (68,5), confirmant ses progrès en matière de lutte contre la pauvreté et d’accès à l’éducation. Mais le rapport souligne aussi des faiblesses persistantes, notamment sur le climat, la biodiversité et la gouvernance.
Les Nordiques en tête, l’Asie en progrès
Le classement est dominé par les pays nordiques : Finlande, Suède, Danemark et Norvège occupent les quatre premières places, suivis par l’Allemagne, l’Autriche et la France. Tous dépassent les 83 points. Mais même ces champions de la durabilité restent confrontés à des défis majeurs, comme la consommation non durable et les impacts environnementaux exportés vers d’autres pays.
Le rapport note par ailleurs que l’Asie est devenue un moteur du progrès mondial. La Chine et l’Inde ont gagné respectivement 14 et 18 places depuis 2015. À l’inverse, les États‑Unis reculent, illustrant une crise du multilatéralisme : Washington s’est retiré de plus de 60 organisations internationales et ne vote avec la majorité de l’ONU que 5 % du temps. La Thaïlande, 43e est mieux placée que les États-Unis, 45e.
Les points forts de la Thaïlande
La Thaïlande se distingue par des avancées notables :
- Pauvreté éradiquée (ODD 1) : seulement 0,4 % de la population vit sous le seuil de pauvreté fixé à 3 dollars par jour.
- Éducation de qualité (ODD 4) : taux de scolarisation primaire de 99,2 % et alphabétisation des jeunes à 98,2 %.
- Accès universel à l’électricité et à l’eau potable (ODD 9).
- Couverture santé solide (ODD 3), avec un score de 82 pour l’assurance universelle.
Les zones critiques
Mais trois domaines apparaissent en rouge :
- Climat (ODD 13) : émissions de CO₂ élevées et politiques insuffisantes pour une transition bas‑carbone.
- Vie terrestre (ODD 15) : biodiversité en déclin, espèces menacées.
- Institutions et gouvernance (ODD 16) : corruption perçue élevée (33/100), liberté de la presse en recul (54/100), justice lente et peu efficace.
La pollution atmosphérique reste également préoccupante : la concentration moyenne annuelle de PM2,5 atteint 27,7 microgrammes/m³, bien au‑delà des seuils recommandés. Les inégalités persistent, avec un indice de Gini à 33,5.
Un bilan contrasté
Depuis 2015, la Thaïlande a gagné 7 points et réalisé trois examens volontaires nationaux (VNR). Son score reste proche de la moyenne de l’OCDE (89,2), ce qui en fait un acteur régional solide. Mais les blocages environnementaux et institutionnels pourraient freiner sa trajectoire.
Le message global du rapport
Le SDR 2026 rappelle que seuls 16,5 % des cibles mondiales des ODD sont en bonne voie pour 2030. Il propose huit pistes pour accélérer : mettre fin aux conflits, réorienter les budgets militaires, instaurer de nouvelles taxes mondiales pour financer les biens publics, et encadrer les technologies émergentes comme l’intelligence artificielle.



