Les promesses d’un emploi bien rémunéré à l’étranger ont tourné au cauchemar pour des centaines de Thaïlandais. La police a arrêté un homme de 29 ans soupçonné d’avoir participé à une vaste escroquerie au recrutement pour des emplois agricoles au Canada et en Australie. Plus de 325 personnes auraient été piégées, pour un préjudice estimé à plus de 26 millions de bahts.
Le suspect, identifié comme Pasit, surnommé « Boss », a été interpellé le 23 octobre dans un champ de canne à sucre du district de Nong Saeng, dans la province d’Udon Thani. Un second homme, présenté comme le directeur de la société impliquée, serait actuellement en fuite.
Selon les enquêteurs, les victimes étaient attirées par des annonces diffusées sur Facebook, notamment via une page intitulée « Agriculture Canada ». Les offres promettaient des emplois agricoles dans des exploitations étrangères, notamment pour la cueillette de champignons au Canada ou les vendanges en Australie.
Les recruteurs affirmaient que les candidats pourraient gagner entre 96 000 et 130 000 bahts par mois, avec des revenus pouvant atteindre 200 000 bahts pendant certaines périodes de forte activité. Les annonces mettaient également en avant un logement gratuit et divers avantages sociaux, de quoi convaincre de nombreux candidats de tenter leur chance.
Pour intégrer le programme, les postulants devaient verser près de 80 000 bahts couvrant prétendument les frais administratifs, les démarches de visa et l’organisation du départ. Les candidats étaient invités à se rendre dans un bureau situé à Bangkok afin de finaliser leur inscription.
Mais lorsque plusieurs d’entre eux se sont présentés fin septembre pour une session de préparation au départ, ils ont découvert des locaux fermés et cadenassés. Toute tentative de contact avec les responsables de l’entreprise est alors restée vaine.
L’affaire illustre l’attrait persistant des offres d’emploi à l’étranger auprès de nombreux travailleurs thaïlandais. Le Canada et l’Australie figurent depuis plusieurs années parmi les destinations les plus convoitées grâce à leurs besoins saisonniers en main-d’œuvre agricole et à des rémunérations souvent bien supérieures à celles pratiquées en Thaïlande.
Face à cette demande, les autorités mettent régulièrement en garde contre les intermédiaires non autorisés qui exploitent les espoirs de candidats en quête d’une meilleure situation économique. Les enquêteurs rappellent que les offres promettant des salaires exceptionnellement élevés accompagnés de démarches simplifiées doivent faire l’objet d’une vigilance particulière.
Lors de son interrogatoire, Pasit a nié les accusations. Il affirme n’avoir joué qu’un rôle secondaire en expliquant les procédures aux candidats et soutient avoir lui-même perdu contact avec le principal responsable de l’entreprise. L’enquête se poursuit afin de retrouver les autres personnes impliquées et d’établir l’étendue exacte de cette fraude présumée.



