
Bangkok – La visite officielle du président suisse Guy Parmelin en Thaïlande marque une étape clé dans les relations bilatérales. Reçu par le premier ministre Anutin Charnvirakul, il a réaffirmé la volonté des deux pays de mettre en œuvre rapidement l’accord de libre‑échange entre la Thaïlande et l’Association européenne de libre‑échange (AELE), attendu pour 2027 après ratification parlementaire. La Suisse est le premier pays européen à avoir signé un accord de libre‑échange avec la Thaïlande et constitue un investisseur majeur, mais l’Union européenne reste le premier partenaire commercial européen de Bangkok.
Les discussions ont porté sur l’industrie avancée, la technologie médicale, l’innovation alimentaire et les solutions vertes. Les deux gouvernements souhaitent renforcer la recherche conjointe, le transfert de technologie et la formation professionnelle, afin de préparer la main‑d’œuvre thaïlandaise aux métiers émergents. La Suisse a proposé de partager son expertise en matière de formation duale, qui associe apprentissage en entreprise et enseignement théorique, un domaine que la Thaïlande ne maîtrise pas.
La coopération climatique occupe une place centrale. Le programme de bus électriques de Bangkok, déjà fort de 2 000 véhicules, illustre cette transition. La fondation suisse KliK prévoit d’acheter pour environ 120 millions de dollars de crédits carbone issus de projets thaïlandais, un financement qui pourrait accélérer la réduction des émissions et soutenir de nouvelles initiatives bas‑carbone. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre de l’article 6 de l’Accord de Paris.
Au‑delà de l’économie et du climat, les deux dirigeants ont abordé la lutte contre les escroqueries en ligne et les flux financiers illicites, un sujet sensible pour les citoyens suisses ciblés par des réseaux transnationaux. Parmelin a salué les efforts de Bangkok dans ce domaine et invité Anutin à poursuivre les échanges en Suisse, notamment lors du Forum de Davos.
Cette rencontre, qui coïncide avec les 95 ans de relations diplomatiques entre les deux pays, est la première visite présidentielle suisse en Thaïlande depuis 22 ans. Elle illustre une volonté commune : bâtir un partenariat plus solide, fondé sur le commerce, l’innovation et la durabilité. Pour la Thaïlande, l’enjeu est double : attirer des investissements de haute valeur et s’affirmer comme acteur régional dans la transition écologique. Pour la Suisse, il s’agit de consolider sa présence en Asie et d’ouvrir de nouvelles perspectives à ses entreprises et institutions.
Par ailleurs, la Thaïlande et le Luxembourg ont signé le 14 octobre un protocole d’accord destiné à renforcer leurs liens financiers et boursiers. L’accord, paraphé par les ministres des Finances Ekniti Nitithanprapas et Gilles Roth en marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, couvre la finance durable, les technologies financières, les fonds d’investissement, les marchés de capitaux, la banque et l’assurance. Il prévoit aussi des échanges d’expertise et de régulation, ainsi que des programmes de formation pour les professionnels du secteur. Les deux pays veulent explorer des opportunités d’investissements conjoints et rapprocher davantage les marchés financiers de l’ASEAN et de l’Europe. Pour la Thaïlande, ce partenariat avec un centre financier établi comme le Luxembourg doit faciliter l’accès aux capitaux internationaux et soutenir la croissance économique à long terme.



