
Bangkok, 5 juillet 2026 – Chaque jour, plus de 183 tonnes de lait cru restent invendues en Thaïlande. Ce surplus, révélé par Thansettakij, plonge des dizaines de coopératives et des milliers d’éleveurs dans une situation critique.
Une surproduction inquiétante
Selon le Conseil national des agriculteurs, la consommation de lait cru ne suit plus la production. Résultat : les stocks explosent, notamment dans le programme de lait scolaire, où 235 millions de cartons de lait UHT s’accumulent. Les coopératives, incapables d’écouler leurs volumes, réduisent leurs achats auprès des producteurs. Plus de 50 coopératives sont désormais menacées de faillite.
Les causes
La crise s’explique par plusieurs facteurs :
- La baisse du nombre d’élèves bénéficiant du programme de lait scolaire, passé de 7,95 millions en 2016 à 6,08 millions en 2026, en raison de la dénatalité.
- La concurrence accrue des importations de lait en poudre, désormais taxées à 0 % depuis janvier 2026 dans le cadre des accords de libre‑échange avec l’Australie et la Nouvelle‑Zélande.
- Une consommation intérieure stagnante, qui ne compense pas l’offre excédentaire.
Les solutions proposées
Les responsables du secteur avancent plusieurs pistes :
- Étendre le programme de lait scolaire à 365 jours par an et jusqu’au niveau secondaire.
- Transformer le lait excédentaire en biofertilisant liquide : déjà plus de 8 417 tonnes ont été recyclées, pour une valeur de 151,5 millions de bahts.
- Suspendre temporairement les importations de lait en poudre, afin de soulager les producteurs locaux.
Une filière sous pression
Pour les éleveurs, la situation est dramatique : contraints de vendre leur lait à des prix inférieurs au marché, ils voient leurs revenus s’effondrer. Les coopératives tentent de diversifier la transformation (yaourts, lait UHT, boissons lactées), mais ces efforts restent insuffisants.
Un enjeu national
Au‑delà des fermes, c’est toute une filière qui vacille. Les fournisseurs d’aliments pour bétail, les transformateurs et les distributeurs subissent les effets en cascade. Sans intervention rapide du gouvernement, la Thaïlande risque de voir disparaître une partie de son tissu coopératif, pourtant essentiel au maintien des petits producteurs.
La crise du lait cru illustre les contradictions de l’économie thaïlandaise : une production agricole dynamique, mais fragilisée par la concurrence internationale et des politiques de consommation insuffisantes. Pour les éleveurs, il serait dommage et paradoxal que la Thaïlande s’en remette à du lait en poudre étranger.



