
La Thaïlande se hisse désormais au 17ᵉ rang mondial de l’Index des risques climatiques (CRI), contre la 72ᵉ place en 2022. Ce bond spectaculaire reflète l’ampleur croissante des pertes liées aux catastrophes naturelles, selon le Département du changement climatique et de l’environnement.
Des impacts mesurés en vies et en pertes
Élaboré par l’ONG allemande Germanwatch, le CRI se fonde sur les conséquences des événements météorologiques extrêmes – inondations, tempêtes, vagues de chaleur, sécheresses, incendies – en termes de décès, de populations affectées et de pertes économiques. Entre 1995 et 2024, plus de 832 000 personnes ont péri dans le monde et les dégâts directs dépassent 4 500 milliards de dollars. Les tempêtes causent la majorité des dommages financiers, tandis que les vagues de chaleur et les tempêtes sont responsables du plus grand nombre de victimes.
Une vulnérabilité accrue
Le directeur général du département, Dr Phirun Saiyasitpanich, souligne que cette progression traduit la vulnérabilité grandissante du pays face aux catastrophes climatiques. Il cite les projections du UK Met Office, qui annoncent que 2026 figurera parmi les quatre années les plus chaudes jamais enregistrées, avec une température moyenne mondiale de +1,4 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
Cette alerte rejoint le Global Risks Report 2026 du Forum économique mondial, qui identifie les risques environnementaux comme la menace la plus grave à long terme pour l’économie mondiale.
Vers une adaptation nationale
La Thaïlande vise la neutralité carbone d’ici 2050 et développe un système national de suivi de l’adaptation climatique en partenariat avec Ditto (Thailand) et l’Université Chulalongkorn. Basé sur le big data et la visualisation, ce dispositif est testé dans six secteurs clés : eau, agriculture, santé, tourisme, ressources naturelles et urbanisation. Les autorités collectent actuellement les retours des utilisateurs de terrain pour améliorer la plateforme E‑FORM avant son déploiement national.
E‑FORM est donc une plateforme numérique de suivi et d’adaptation climatique, destinée à transformer les données en outils pratiques pour anticiper les catastrophes et renforcer la résilience de la Thaïlande. Elle incarne la volonté du pays de passer d’une réaction aux crises à une véritable stratégie proactive.
Inégalités face aux catastrophes
Le rapport rappelle que si tous les pays sont touchés, les plus vulnérables restent les États à faibles revenus, particulièrement dans le Sud global, en raison de capacités de réponse limitées. Les données utilisées sont publiques, mais les impacts peuvent être sous‑estimés dans les pays où les systèmes de suivi restent incomplets.
Une stratégie de résilience
Les responsables thaïlandais affirment que l’amélioration des systèmes de surveillance doit renforcer la résilience nationale et permettre une planification plus fondée sur les preuves. Dans un contexte de Super El Niño, de tensions géopolitiques et de risques environnementaux croissants, la Thaïlande cherche à anticiper plutôt qu’à subir.



