Vitai
La Banque de Thaïlande (BoT) a confirmé mardi ses prévisions : l’économie du royaume devrait progresser de 2 % cette année, tandis que l’inflation atteindrait en moyenne 3 %. Le gouverneur Vitai Ratanakorn, qui s’exprimait lors d’un point presse à Bangkok, a précisé que la hausse des prix culminerait en octobre à 5,2 % avant de refluer en 2027.
Une inflation alimentée par le choc pétrolier
Selon la BoT, la flambée des importations de pétrole liée au conflit au Moyen‑Orient constitue le principal facteur de tension. En avril, les importations ont bondi de 49 % sur un an, provoquant un déficit commercial de 6,8 milliards de dollars et un déficit courant de 7,6 milliards. « Nous anticipons un pic temporaire, puis une décrue nette dès le deuxième trimestre 2027, à condition que la guerre s’achève », a expliqué Vitai Ratanakorn.
Consommation et exportations en soutien
Pour amortir le choc sur les ménages, le gouvernement a lancé un vaste programme de subventions de 176 milliards de bahts (5,4 milliards de dollars), couvrant 60 % du prix de certains biens essentiels. Une seconde enveloppe de 200 milliards est prévue pour la campagne « Thais Help Thais » entre juin et septembre, destinée à soutenir la consommation.
La BoT estime que ces mesures permettront à la consommation privée de croître de 2,6 % cette année, contre 1,6 % auparavant. Les exportations, dopées par la demande mondiale en électronique et agroalimentaire, devraient progresser de 12 à 13 %. Le commerce extérieur pourrait ainsi retrouver un excédent au quatrième trimestre.
Politique monétaire inchangée
Le taux directeur, maintenu à 1 % lors de la réunion d’avril, ne devrait pas évoluer à court terme. « Les pressions inflationnistes ne sont pas jugées sévères », a indiqué le gouverneur, tout en rappelant que la banque centrale restait prête à ajuster sa politique si la situation se détériorait.
Perspectives pour 2027
La BoT prévoit un ralentissement de la croissance à 1,7 % l’an prochain, avec une inflation ramenée à 1,4 %. Le scénario repose sur une stabilisation des prix du pétrole et une normalisation progressive des échanges. Les autorités espèrent également que les investissements liés à la transition énergétique, financés par une partie du décret d’emprunt d’urgence de 400 milliards de bahts, contribueront à soutenir l’activité.
Un équilibre fragile
La Thaïlande se trouve ainsi dans une position délicate : une croissance modeste, une inflation temporairement élevée et une dépendance persistante aux importations d’énergie. Les mesures de soutien gouvernementales offrent un modeste répit aux ménages, mais la trajectoire économique reste suspendue à l’évolution du conflit au Moyen‑Orient et aux cours mondiaux du pétrole.
Pour l’heure, la Banque de Thaïlande mise sur une reprise progressive des exportations et une consommation stabilisée pour maintenir l’économie à flot. Mais avec une croissance limitée à 2 %, le pays devra composer avec une marge de manœuvre réduite face aux chocs extérieurs.



