
Le secteur des écoles internationales en Thaïlande continue de croître, mais la dynamique cache une réalité plus contrastée. Selon le Kasikorn Research Center (KResearch), le nombre d’établissements est passé de 234 en 2022 à 280 en 2026 (+5,3 % cette année), avec une prévision de 293 en 2027. Les effectifs progressent aussi, de 66 352 élèves en 2022 à 86 056 en 2026, mais à un rythme plus lent (+3,8 %).
Des ouvertures… et des fermetures
Si le marché attire de nouveaux opérateurs, certains établissements ferment déjà leurs portes, incapables de remplir leurs classes. La baisse de l’inscription moyenne par école – 312 élèves en 2024‑2025 contre 307 en 2026, et probablement 304 en 2027 – illustre cette tension. Dans plusieurs cas, des écoles privées de Bangkok ont cessé leurs activités, faute de rentabilité. Le paradoxe est donc clair : plus d’écoles, mais une concurrence telle que certaines ne survivent pas.
Bangkok, épicentre de la compétition
La capitale concentre plus de 45 % des établissements. La rivalité y est particulièrement forte, poussant les écoles à recruter activement et à retenir les familles. Pour compenser la baisse d’élèves par établissement, les frais de scolarité deviennent un levier crucial. À Bangkok, ils devraient grimper de 5 % en 2026/27, atteignant 839 184 baht par an, après une hausse de 3 % l’an passé (799 818 baht). On approche donc du million de bahts par an pour scolariser son enfant. Mais cette stratégie comporte un risque : des parents, confrontés à une offre abondante, peuvent se tourner vers des alternatives moins coûteuses.
Revenus en hausse, marges sous pression
Le chiffre d’affaires du secteur progresse régulièrement : 75 milliards de baht en 2022, 116 milliards en 2025, 128 milliards attendus en 2026 et 141 milliards en 2027. Mais cette croissance ne garantit pas une rentabilité équivalente. Les écoles doivent surveiller leurs coûts et leur efficacité, surtout celles qui n’ont pas atteint un seuil d’élèves suffisant pour couvrir leurs dépenses. Les fermetures récentes montrent que certaines n’y parviennent pas.
Se différencier pour séduire les familles
Face à une offre dense et à des fermetures qui rappellent la fragilité du secteur, la différenciation devient essentielle. KResearch souligne l’importance de la qualité pédagogique, des programmes spécialisés, de l’environnement scolaire et de la sécurité. Les nouveaux opérateurs doivent définir une identité claire et investir prudemment pour bâtir une base solide.
Par ailleurs, toutes les écoles internationales ne proposent pas un cursus complet jusqu’à 18 ans. Les grandes institutions premium, comme Harrow International School Bangkok, Shrewsbury International School, NIST International School ou encore Bangkok Patana School, couvrent l’ensemble du parcours, de la maternelle au baccalauréat international (IB Diploma ou A‑Levels). À Phuket, la British International School et l’UWC Thailand offrent également un cycle complet.
En revanche, de nombreuses écoles plus petites, telles que St Andrews Dusit ou certaines branches de SISB, se limitent au primaire ou au collège, souvent pour des raisons financières ou stratégiques. Cette diversité reflète la segmentation du marché : les établissements complets ciblent les familles expatriées ou thaïlandaises aisées, tandis que les écoles partielles attirent des parents cherchant une immersion anglophone pour les jeunes enfants avant un transfert vers un lycée local avec classes bilingues. Résultat : sur environ 280 écoles en 2026, près de 130 à 150 proposent un cursus intégral jusqu’au bac, les autres restant concentrées sur les premières années de scolarité.



