
En 2025, la Thaïlande s’est révélée comme le premier pays d’origine des enfants adoptés par des familles françaises. Selon le rapport annuel de la Mission de l’adoption internationale (MAI), 24 enfants thaïlandais ont rejoint des foyers en France, sur un total de 69 adoptions internationales réalisées cette année-là.
La mission menée fin juin 2025 à Bangkok par la MAI avait pour objectif d’évaluer la coopération avec les autorités locales de l’adoption et de la protection de l’enfance. Les services français ont rencontré leurs homologues thaïlandais, recueilli les retours d’une quarantaine de familles adoptantes via un questionnaire, et intégré l’analyse produite par le Service Social International (SSI) en fin d’année. L’ensemble de ces éléments a permis de dresser un bilan jugé satisfaisant, confirmant la poursuite de la coopération bilatérale.
Le profil des enfants adoptés en Thaïlande illustre une tendance lourde de l’adoption internationale : il ne s’agit pas de nourrissons en bonne santé, mais majoritairement d’enfants dits « à besoins spécifiques ». La plupart ont plus de cinq ans, parfois sont adoptés en fratrie, ou présentent une pathologie connue avant leur placement. En 2025, 81 % des adoptions internationales françaises concernaient ce type de profil, et la Thaïlande n’y fait pas exception. Les bébés en bonne santé trouvent généralement une famille dans leur pays d’origine, conformément aux principes de la Convention de La Haye qui privilégie l’adoption nationale.
La situation démographique de la Thaïlande joue également un rôle. Confronté à une crise de natalité, le pays souhaite conserver ses jeunes enfants pour les familles locales. Les nourrissons abandonnés bénéficient de structures sociales et médicales capables d’assurer leur prise en charge, ce qui réduit fortement le nombre de bébés confiés à l’étranger.
Pour les familles françaises, la Thaïlande reste néanmoins un partenaire privilégié. Avec environ 20 à 25 adoptions par an, elle figure parmi les pays les plus actifs dans ce domaine, aux côtés de la Colombie, de l’Inde et du Vietnam. La MAI estime que les garanties offertes par les autorités thaïlandaises sont conformes aux standards internationaux et aux exigences françaises, assurant la protection des enfants et la transparence des procédures.
En résumé, la Thaïlande occupe une place centrale dans l’adoption internationale française, mais les enfants concernés sont majoritairement plus âgés ou vulnérables. Une réalité qui reflète l’évolution mondiale des pratiques, où l’adoption internationale vise désormais à offrir une famille aux enfants pour lesquels aucune solution locale n’a pu être trouvée.



