
Bangkok – La Thaïlande fait face à une réalité préoccupante : plus de 550 000 personnes vivent avec le VIH et connaissent leur statut, selon les données du National AIDS Program. Mais les estimations mathématiques suggèrent qu’environ 610 000 personnes seraient en réalité porteuses du virus, laissant près de 60 000 Thaïlandais dans l’ignorance de leur infection.
Des milliers de jeunes concernés
Le directeur du Département de contrôle des maladies, Dr Montien Kanasawat, a rappelé que les jeunes sont particulièrement touchés. Ne pas connaître son statut signifie manquer l’accès rapide aux traitements antirétroviraux et risquer de transmettre le virus sans le savoir. Le VIH reste invisible dans ses premiers stades, ce qui rend le dépistage crucial.
Deux tests gratuits par an
Pour lever les obstacles, le gouvernement offre désormais deux dépistages gratuits par an dans les hôpitaux publics. Les citoyens peuvent aussi commander des kits d’auto‑dépistage via l’application Paotang ou la messagerie Line, garantissant discrétion et accessibilité. En cas de résultat positif, une confirmation hospitalière est obligatoire avant d’entamer le traitement.
U=U ou I=I : “Indétectable = Intransmissible”
Le ministère insiste sur l’importance d’un traitement rapide et continu. Pris régulièrement, les antirétroviraux permettent de réduire la charge virale à un niveau indétectable. Dans ce cas, les patients n’ont plus de risque de transmettre le VIH à leurs partenaires. Ce principe, connu sous le sigle U=U, est désormais reconnu par la communauté médicale internationale.
Prévention et lutte contre la stigmatisation
Les autorités rappellent les moyens de prévention :
- Préservatif à chaque rapport sexuel.
- PrEP (prophylaxie pré‑exposition) pour les personnes à haut risque.
- PEP (prophylaxie post‑exposition) à prendre dans les 72 heures après un risque.
Mais au‑delà des outils médicaux, le ministère appelle à mettre fin à la stigmatisation. La peur du jugement reste un frein majeur au dépistage et au traitement. “Nous devons créer un climat de confiance pour que chacun ose se faire tester”, a insisté le Dr Montien.
Une urgence nationale
Avec plus d’un demi‑million de cas connus et des dizaines de milliers encore invisibles, la Thaïlande doit intensifier ses efforts. Les campagnes de dépistage, la distribution de kits gratuits et la sensibilisation à U=U sont des pas importants. Mais sans une mobilisation sociale pour briser les tabous, la lutte contre le VIH restera incomplète.



