Présentation du texte PRTR
Mercredi, l’opposition a accusé le gouvernement d’Anutin de manquer de volonté politique pour améliorer les droits des travailleurs, après l’abandon de deux projets de loi sur la protection du travail. Ces textes, qui prévoyaient des avancées sur le temps de repos et la dignité au travail, avaient pourtant franchi la première lecture avec un large soutien parlementaire et avaient été examinés par une commission spéciale. Mais faute de certification par le cabinet dominé par le Bumjaithai, ils ne pourront pas poursuivre leur parcours législatif.
Des réformes sacrifiées
Pour Sia Jampathong, député du People’s Party, le ministre du Travail Julapun Amornvivat a clairement privilégié les intérêts patronaux. Ce dernier aurait déclaré que les employeurs méritaient aussi de la « sympathie » en période de crise économique. L’opposition dénonce une attitude qui bloque toute avancée sociale et laisse les travailleurs sans protection supplémentaire.
Un rejet en série
Le cas des lois sur le travail n’est pas isolé. Le gouvernement a également refusé de soutenir plusieurs projets hérités du précédent parlement : réformes environnementales, justice militaire, amnistie pour les affaires de terres forestières. Seuls deux textes liés à l’éducation ont été validés. Pour l’opposition, ce tri sélectif illustre une stratégie claire : maintenir le statu quo et éviter toute réforme susceptible de bousculer l’équilibre entre État et grandes entreprises.
Le rejet du Factory Act et du PRTR Bill pourrait affaiblir la compétitivité du pays face aux nouvelles règles du commerce vert. L’abandon des amendements sur la protection du travail laisse les salariés sans droits supplémentaires en matière de congés ou de durée de travail, pourtant alignés sur les standards internationaux. Quant au refus d’une réforme de la justice militaire, il empêche les civils de poursuivre des militaires devant les tribunaux ordinaires.
Les villages toujours sous pression
Sur le front foncier, l’opposition a tenté de relancer un projet d’amnistie pour les habitants poursuivis dans le cadre de la politique de « restitution des forêts ». Le texte vise à protéger les familles occupant des terres depuis des générations, mais le gouvernement a choisi de l’écarter. Résultat : les poursuites continuent, avec près de 30 000 affaires recensées entre 2014 et 2019 et 800 000 rai de terres saisis.
Une logique de blocage
Pour le People’s Party, ces décisions traduisent une ligne politique claire : préserver les intérêts économiques et institutionnels, au détriment des droits sociaux et environnementaux. L’opposition promet de poursuivre le combat, mais le message du gouvernement est limpide : pas de réforme, pas de changement, seulement le maintien d’un statu quo qui laisse travailleurs et communautés locales sur le bord du chemin.



