
À peine cinq ans après sa livraison officielle, le complexe parlementaire Sappaya‑Sapasathan, inauguré le 1er mai 2021 après huit années de travaux et un budget final avoisinant les 23 milliards de bahts, continue de faire parler de lui pour ses défaillances. Dans la nuit du 20 mai 2026, de fortes pluies ont provoqué une nouvelle inondation du parking souterrain au niveau B1, transformant l’espace en bassin d’eau stagnante où flottaient déchets et boue.
Dès l’aube, des dizaines d’agents d’entretien ont été mobilisés pour évacuer l’eau et nettoyer les surfaces avant l’ouverture des sessions parlementaires. Mais cette scène n’est que la répétition d’un scénario désormais familier : chaque averse met en lumière les failles d’un bâtiment censé incarner la modernité institutionnelle du pays.
Depuis sa livraison, le Parlement a accumulé les incidents. Outre les inondations récurrentes dans les sous‑sols, on relève des plafonds effondrés, des canalisations rompues, des débordements d’eaux usées dans les couloirs, ainsi que des fuites provenant du système de traitement des eaux. Autant de problèmes qui ternissent l’image d’un projet pharaonique, présenté comme le plus grand parlement du monde avec ses 424 000 m².
Face à ces dégradations, les critiques se multiplient. Plusieurs dossiers ont été transmis à la Commission nationale anticorruption (NACC) pour vérifier la transparence des contrats et la responsabilité des entreprises impliquées. Les opposants dénoncent un chantier mal conçu, où les milliards investis n’ont pas garanti la qualité promise.
Jeudi matin, le président du Parlement, Sophon Saram, a inspecté les lieux et tenté de minimiser l’incident en affirmant que l’eau visible provenait d’une opération de nettoyage. Mais les images de voitures encerclées par l’eau et de détritus flottant dans le parking souterrain contredisent cette version rassurante.
À chaque nouvelle pluie, le Parlement thaïlandais se retrouve sous les projecteurs, non pas pour ses débats, mais pour ses déboires techniques. Un symbole gênant d’un projet livré en 2021, censé incarner la stabilité institutionnelle, mais devenu synonyme de fragilité et de polémique.


