
La violence a de nouveau frappé le sud de la Thaïlande. Vendredi soir, aux alentours de 18h30, des hommes armés ont ouvert le feu sur des policiers en patrouille près du nouveau commissariat de Saiburi, dans la province de Pattani. L’attaque a coûté la vie au sergent‑major de police Natthawut Surarat, âgé de 29 ans, affecté temporairement au poste de Saiburi.
Selon les premières informations, l’officier se trouvait dans l’enceinte de la base opérationnelle lorsque des assaillants, dissimulés à l’extérieur, ont tiré à plusieurs reprises. Touché au visage et à l’épaule, Natthawut s’est effondré avant d’être transporté en urgence à l’hôpital Somdej Phrayupharat Saiburi. Malgré les efforts des médecins, il a succombé à ses blessures peu après son admission.
Les policiers présents ont riposté, contraignant les tireurs à battre en retraite dans l’obscurité. L’identité et le nombre exact des assaillants restent inconnus. Rapidement, les forces de sécurité ont bouclé le secteur, interdisant l’accès aux civils afin de permettre aux équipes médico‑légales de collecter les douilles et autres indices. Une vaste opération de ratissage a été lancée pour retrouver les auteurs.
Le colonel Theerapot Yindee, chef du commissariat de Saiburi, a confirmé l’incident et assuré que toutes les unités locales coopéraient pour traquer les responsables. L’Internal Security Operations Command (ISOC) a également appelé la population à signaler toute activité suspecte via les canaux d’urgence.
Les autorités privilégient la piste d’un groupe insurgé actif dans les provinces frontalières du sud. Depuis plus de deux décennies, Pattani, Yala et Narathiwat sont le théâtre d’attaques régulières visant militaires, policiers et fonctionnaires. Embuscades, fusillades et engins explosifs improvisés rythment un conflit latent qui a déjà fait des milliers de victimes.
La mort du sergent‑major Natthawut rappelle la fragilité de la sécurité dans cette région. Les habitants vivent dans une atmosphère d’inquiétude permanente, entre checkpoints militaires et rumeurs d’attaques. Chaque nouvel incident renforce le sentiment d’abandon et souligne l’urgence d’une solution durable.
Alors que les enquêteurs poursuivent leurs recherches, les autorités locales insistent sur la nécessité de coopération entre forces de l’ordre et population civile. Mais sur le terrain, la méfiance reste forte, alimentée par des années de violences et de représailles.
Ce drame, survenu devant un commissariat en construction censé incarner le renforcement de la présence de l’État, illustre la persistance d’un conflit qui continue de miner la vie quotidienne dans le sud thaïlandais.



