
Le gouvernement thaïlandais vient de franchir une étape décisive dans le projet de pont de Koh Lanta, à Krabi. Le Cabinet a validé l’utilisation de 14 470 m² de forêt de mangrove pour permettre la construction de cette infrastructure longtemps attendue.
Un projet stratégique
Selon Lalida Phersviewatthana, porte‑parole adjointe du Premier ministre, le pont reliera Koh Klang au continent et Koh Lanta Noi. Long de 2,5 kilomètres, il comprendra un pont à haubans, un pont en encorbellement, trois points pour les demi-tours, deux belvédères et des routes de raccordement. L’objectif est clair : réduire les attentes liées aux ferries, fluidifier la circulation et faciliter le transport des habitants, des touristes et des marchandises.
Le budget total atteint 1,8 milliard de bahts, dont 1,26 milliard en prêts étrangers et 540 millions issus du budget national.
Entre développement et environnement
Le ministère des Ressources naturelles et de l’Environnement n’a pas bloqué le projet, mais exige le respect strict des mesures prévues dans l’étude d’impact environnemental. Le Département des routes rurales devra notamment replanter des mangroves sur une surface 20 fois supérieure à celle utilisée pour la construction. Des mesures de restauration et de compensation sont également prévues afin de garantir la durabilité du projet.
Le gouvernement insiste sur la nécessité de concilier développement et protection des ressources naturelles. Lalida a rappelé que l’équilibre entre infrastructures modernes et environnement restait une priorité nationale.
Un symbole régional
Ce pont est perçu comme un levier majeur pour le sud de la Thaïlande, où le tourisme et l’économie locale dépendent fortement de la connectivité. Les habitants espèrent une amélioration tangible de leur quotidien, tandis que les opérateurs touristiques y voient une opportunité pour renforcer l’attractivité de Koh Lanta.
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large : un autre pont, encore plus ambitieux, est à l’étude pour relier Koh Samui au continent de Surat Thani. Long de 37 kilomètres, dont 25 au‑dessus du golfe de Thaïlande, il est encore au stade des consultations publiques. Sa présentation au Cabinet est attendue en 2027, avec une mise en service envisagée vers 2033‑2034.
Un pari sur l’avenir
Avec Koh Lanta, la Thaïlande montre sa volonté d’investir dans des infrastructures de grande ampleur, tout en affichant une conscience écologique. Reste à savoir si les promesses de reforestation et de compensation seront tenues. Car au‑delà des chiffres et des plans, ce pont incarne un défi : relier les îles au continent sans couper les racines de la nature.



