
Le gouvernement thaïlandais a donné son feu vert à un projet de règlement ministériel visant à blacklister les entrepreneurs qui abandonnent des chantiers publics ou causent des dommages graves. Ces sociétés pourraient être exclues des marchés de l’État pour une durée allant de 2 à 10 ans.
Selon la porte‑parole du gouvernement, Rachada Dhnadirek, cette mesure répond à plusieurs cas récents où des entreprises de construction ont provoqué des dégâts importants, mettant en danger des vies et des biens. Faute de sanctions claires, certaines ont pu continuer à soumissionner à de nouveaux projets publics. Le règlement vient combler les lacunes de la loi sur les marchés publics de 2017, jugée insuffisante pour protéger l’intérêt général.
Le texte définit comme « abandon de chantier » toute action ou omission injustifiée pendant la durée du contrat, jusqu’à la réception finale des travaux, qui entraîne des dommages graves ou un danger pour la population. Une fois la décision prise par le ministère des Finances, le nom de l’entreprise fautive sera inscrit sur une liste noire, diffusée à toutes les agences publiques et publiée par le Département du Contrôleur général.
L’objectif est double : renforcer la transparence dans les appels d’offres et garantir la qualité des infrastructures financées par l’argent public. Le gouvernement espère ainsi réduire les risques de voir des projets mal exécutés se répéter, tout en améliorant l’efficacité de la sélection des prestataires.
Cette décision intervient dans un climat tendu autour de la fiabilité des grands chantiers. Le Sénat a récemment pressé l’entreprise Sino‑Thai Engineering and Construction Plc, liée à la famille du Premier ministre Anutin Charnvirakul, de réparer rapidement les défauts du nouveau bâtiment du Parlement avant l’expiration de la garantie le 15 juillet. Les inspections ont relevé près de 1 000 points à corriger, pour un coût estimé à 10 millions de bahts.
Par ailleurs, Anutin lui‑même s’est rendu sur le chantier de la ligne de métro Purple Line après une fuite d’eau détectée dans un tunnel. Si la situation a été maîtrisée, elle rappelle les inquiétudes liées à la sécurité des infrastructures.
En renforçant les règles et en imposant des sanctions claires, le gouvernement veut envoyer un signal fort : les entreprises qui compromettent la sécurité ou la qualité des projets publics n’auront plus accès aux marchés de l’État. Une manière de protéger les citoyens, mais aussi de restaurer la confiance dans la gestion des grands travaux.



