
Bangkok, août 2026 — Le secteur de la construction thaïlandais alerte sur une pénurie croissante de main‑d’œuvre étrangère. Pour répondre à cette crise, le ministre du Travail, Julapun Amornvivat, a rencontré les représentants de la Thai Contractors Association under His Majesty the King’s Patronage. Cette organisation professionnelle du bâtiment a été créée en 1928, ce qui explique son nom inhabituel.
Une pénurie aggravée par les tensions régionales
Selon la présidente de la TCA, Liza Ngamtrakulpanit, les chantiers à travers le pays sont ralentis par le manque de travailleurs, une situation accentuée par l’instabilité au Myanmar et les tensions à la frontière avec le Cambodge. Les ouvriers migrants, essentiels au secteur, sont de plus en plus difficiles à recruter et à maintenir sur place.
Permis de séjour et régularisation
Les discussions ont porté sur les travailleurs birmans recrutés via un protocole d’accord bilatéral, dont les contrats de quatre ans arrivent à échéance. Le 23 juillet, le Département de l’emploi et les autorités birmanes ont convenu de supprimer l’obligation de départ de 30 jours pour ces ouvriers, afin de leur permettre de rester en Thaïlande sans interruption. La mesure doit encore être validée par le comité de gestion des travailleurs étrangers et par le gouvernement.
Autre sujet sensible : la régularisation temporaire des migrants sans papiers venus du Cambodge, du Laos, du Myanmar et du Vietnam. Les autorités envisagent de leur accorder des permis renouvelables de deux ans, afin de répondre aux besoins urgents du marché.
Entrée par avion plutôt que par la frontière
Le ministre Julapun a indiqué que la Thaïlande souhaite faciliter le recrutement de nouveaux travailleurs birmans. Mais les passages terrestres restent fermés pour des raisons de sécurité. Les ouvriers doivent donc entrer par avion, ce qui augmente les coûts pour les employeurs. Bangkok a proposé de rouvrir les frontières terrestres, mais Naypyidaw insiste sur le maintien des arrivées aériennes.
Vers un système numérique
La réunion a également abordé la mise en place d’un système de permis de travail en ligne. Les employeurs pourraient ainsi déposer leurs demandes, notifier les embauches et mettre à jour les informations sans passer par les guichets administratifs. Une modernisation qui vise à réduire les délais et à simplifier les procédures.
Un enjeu national
Avec des milliers de chantiers en cours, la dépendance du secteur du bâtiment aux travailleurs migrants est manifeste. Les décisions attendues dans les prochaines semaines seront cruciales pour éviter un ralentissement prolongé. Entre sécurité aux frontières, régularisation et digitalisation, la Thaïlande cherche à concilier ses impératifs économiques et ses contraintes politiques.
Le gouvernement thaïlandais a décidé en juillet 2026 de prolonger jusqu’en décembre 2027 les permis de travail de près de 770 000 migrants enregistrés, originaires du Myanmar, du Laos, du Vietnam et du Cambodge. Malgré les tensions à la frontière, les travailleurs cambodgiens seraient eux aussi concernés par cette extension. Les migrants doivent toutefois renouveler leurs documents, passer un examen médical et s’acquitter des frais administratifs pour rester légalement en Thaïlande.



