Les criminels portent un casque pour éviter que la foule ne les lynche
La colère gronde en ligne. Depuis la révélation de l’affaire des deux jeunes Russes assassinés à Chonburi et du meurtre d’une famille thaïlandaise de trois personnes, les internautes réclament la peine de mort pour les quatre suspects impliqués. L’affaire, qui a choqué le pays et terni l’image touristique de la Thaïlande, met en lumière la violence d’un gang déjà connu de la justice.
Deux affaires liées
Arrêtés vendredi dans la province frontalière de Sa Kaeo, Thana “Pong” Kertthong (43 ans) et Thongchai “Thong” Srinil (39 ans) ont avoué avoir tué Diana Nazimova (22 ans) et son frère Roman (17 ans), disparus le 26 juillet après avoir quitté leur domicile de Huai Yai – Pattaya à moto. Les corps ont été retrouvés enterrés dans une zone boisée à quelques kilomètres.
Lors de leur interrogatoire, Pong a également reconnu leur implication, avec deux complices, dans le meurtre d’une famille thaïlandaise fin juin. Les victimes, un couple et leur fille de 18 ans, avaient été enlevées après que les suspects se sont fait passer pour des policiers. Leurs corps ont été découverts dans une plantation de cocotiers, à seulement deux kilomètres du premier site.
Une ex‑compagne de Pong affirme avoir subi des violences graves. Selon son témoignage publié sur une page thaïlandaise, l’homme l’aurait forcée à s’allonger dans une fosse qu’il venait de creuser, en la menaçant de l’enterrer vivante « comme les autres ». Elle décrit aussi des agressions répétées, un contrôle de son téléphone, l’obligation de regarder des vidéos violentes et des menaces de mort. Ces accusations n’ont pas encore été vérifiées ni confirmées officiellement par les autorités.
Un gang de quatre
La police a rapidement arrêté deux autres hommes : Chatchanan “Fluke” Paen‑iam et Asadang “Ball” Chuawong, accusés d’avoir participé au triple meurtre. Selon les aveux, Pong aurait abattu la mère, Ball le père, et Fluke l’adolescente. Les suspects auraient ensuite volé le véhicule et les téléphones de la famille.
Réactions et indignation
Sur les réseaux sociaux, les appels à la peine capitale se multiplient. Les internautes dénoncent la cruauté des crimes, leur répétition en l’espace de quelques semaines et le fait que certains suspects venaient tout juste de sortir de prison. Beaucoup estiment que seule une condamnation à mort pourrait répondre à la gravité des faits.
La tante de Pong, âgée de 74 ans, a confié sa tristesse à la presse. Elle dit accepter toute décision de justice, y compris l’exécution, mais souhaite pouvoir voir son neveu une dernière fois. Elle a exprimé ses condoléances aux familles des victimes, tout en reconnaissant que Pong avait trahi sa promesse de s’amender.
Une affaire suivie au sommet
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul et le chef de la police nationale Kittirat Phanphet se sont rendus sur les lieux pour superviser l’enquête. Les autorités cherchent à établir si le gang pourrait être lié à d’autres crimes.
Anutin a assuré qu’il ne laisserait pas les meurtres impunis. Il a ordonné à la police de préparer un dossier solide et de travailler étroitement avec le parquet pour accélérer la procédure judiciaire. Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité d’une sanction exemplaire, affirmant partager la colère et les attentes de la population. Alors que sa popularité s’effrite, ces affaires lui donnent l’opportunité de se placer du côté de la loi. En effet, il est accusé d’être impliqué dans la fraude des élections sénatoriales. Dans le dossier de la fraude nationale liée aux concours de la fonction publique, certains observateurs estiment qu’Anutin, bien qu’ayant lancé des enquêtes, ne les oriente pas vers les instigateurs haut placés, mais plutôt vers des acteurs de rang inférieur.
Il s’est voulu compassionnel pour les familles et a tenu à rassurer les touristes étrangers : « Nous devons montrer que la Thaïlande regrette profondément ce qui s’est passé, fournir toute l’aide possible et rétablir la confiance. Un tel incident ne doit plus jamais se reproduire. »
Avec cinq victimes en deux affaires distinctes, l’affaire de Chonburi est devenue l’un des dossiers criminels les plus marquants de l’année. Entre indignation populaire, appels à la peine de mort et enquête au plus haut niveau, elle met en lumière les failles du système judiciaire et la nécessité de renforcer la surveillance des ex‑détenus.
Un procès très attendu devrait déterminer si les suspects seront condamnés à la peine capitale, comme le réclame une partie de l’opinion publique. Une peine capitale, la plupart du temps commuée en détention à perpétuité, suivie finalement d’une libération après deux ou trois décennies.



