Thai Enquirer
Le gouvernement thaïlandais vient d’approuver une refonte majeure de sa politique des visas. La mesure la plus marquante est la suppression du régime d’exemption de 60 jours, introduit en 2024 pour soutenir la reprise post‑Covid, et qui concernait 93 pays et territoires. Les voyageurs seront désormais renvoyés aux règles antérieures, soit en moyenne 30 jours de séjour. Les autorités invoquent des motifs de sécurité, de réciprocité et la lutte contre les abus : certains étrangers auraient profité des séjours prolongés pour mener des activités commerciales illégales.
Le ministère des Affaires étrangères précise que la liste des pays bénéficiant d’une exemption de 30 jours passe de 57 à 54. Parmi eux, une large majorité occidentale : France, Belgique, Luxembourg, Suisse, Canada mais aussi Allemagne, Espagne, Italie, Royaume‑Uni, Portugal, Autriche, Pays‑Bas, pays nordiques et d’Europe centrale. Les francophones sont donc bien représentés, avec la France, la Belgique, le Luxembourg, la Suisse et le Canada. Côté Amériques, seuls les États‑Unis et le Canada restent éligibles. En Asie‑Pacifique, figurent notamment Japon, Corée du Sud, Australie, Nouvelle‑Zélande, Singapour et Malaisie. Au Moyen‑Orient, l’exemption couvre les Émirats arabes unis, le Qatar, l’Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, Koweït et Jordanie. L’Afrique est réduite à l’Afrique du Sud. Le Maroc perd ce privilège et ses ressortissants devront demander un visa.
Parallèlement, un nouveau régime de 15 jours est instauré pour trois destinations insulaires : Seychelles, Maldives et Maurice. Le visa à l’arrivée (VOA), autrefois ouvert à 31 pays, est drastiquement limité à quatre : Azerbaïdjan, Biélorussie, Serbie et Inde. Enfin, les accords bilatéraux restent valables : la Chine, Hong Kong, Macao, le Laos, le Vietnam ou la Russie conservent leurs exemptions de 30 jours, tandis que certains pays d’Amérique latine (Argentine, Brésil, Chili, Pérou) bénéficient de 90 jours.
Le principe désormais adopté est « un pays, une seule catégorie d’exemption », afin de réduire les chevauchements qui semaient la confusion. Les voyageurs déjà présents en Thaïlande avant l’entrée en vigueur des nouvelles règles conserveront leurs droits jusqu’à expiration de leur titre de séjour. Les changements prendront effet 15 jours après publication au Journal officiel.
Cette réforme intervient dans un contexte de baisse du tourisme : 12,9 millions d’arrivées enregistrées au 17 mai 2026, soit une chute de 3,3 % par rapport à l’an dernier. En 2025, la Thaïlande avait accueilli 33 millions de visiteurs, déjà en recul de 7 %. Les prévisions pour 2026 tablent sur 32 millions. Les autorités estiment que la durée moyenne de séjour reste d’environ dix jours, ce qui limiterait l’impact sur les touristes « authentiques ».
Le Premier ministre Anutin Charnvirakul a nommé une commission permanente, présidée par le vice‑Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Sihasak Phuangketkeow, chargée de réévaluer régulièrement la politique des visas. Les critères retenus seront la sécurité, les recettes touristiques, la réciprocité et la simplification administrative.
France, Belgique, Luxembourg, Suisse et Canada conservent donc une exemption de 30 jours, mais perdent l’avantage des 60 jours. Il est toujours possible de demander une extension de cette exemption dans les bureaux de l’Immigration. Les séjours encore plus longs devront désormais passer par le système e‑visa. Une évolution qui reflète la volonté de Bangkok de mieux contrôler ses flux migratoires, tout en maintenant l’attractivité touristique.



