
Le gouvernement thaïlandais reconsidère l’achat des droits de diffusion de la Coupe du monde 2026, dont le coût est estimé à 1,7 milliard de bahts (environ 46 millions de dollars). Une somme jugée exorbitante, surtout au regard des horaires de retransmission défavorables pour le public local.
Selon le ministre rattaché au Bureau du Premier ministre, Paradorn Prissanananthakul, la facture se décompose en 1,3 milliard de bahts (35 millions de dollars) pour les droits, 300 millions de bahts (8 millions de dollars) de taxes et environ 100 millions de bahts (3 millions de dollars) de frais opérationnels. Face à ce total, certains responsables estiment que l’argent serait mieux investi dans le développement du football de base, avec des programmes pour la jeunesse et des infrastructures durables.
Le marchandage avec la FIFA et la comparaison chinoise
La Thaïlande tente de négocier en s’appuyant sur le précédent de 2022, où le NBTC avait déboursé 600 millions de bahts (16 millions de dollars). Mais les discussions achoppent : le détenteur des droits refuse de descendre sous 1,3 milliard de bahts (35 millions de dollars). À titre de comparaison, la Chine a obtenu un accord estimé à 60 millions de dollars, soit un prix qui reflète son poids démographique et économique. Pour Bangkok, payer presque autant que des marchés géants apparaît disproportionné, avec un coût par spectateur bien plus élevé.
Des matchs à 2 heures du matin
Autre handicap majeur : le décalage horaire. Organisée aux États‑Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet, la compétition verra ses rencontres se jouer en pleine nuit en Thaïlande. Les matchs phares, y compris ceux de la France, seront diffusés vers 2 heures du matin, d’autres au petit matin avec des fins de rencontres parfois à 10 heures. Ce créneau réduit mécaniquement l’audience et dévalue la retransmission pour les annonceurs, les bars et les lieux publics qui profitent habituellement des soirées de football.
Un investissement à haut risque
Les autorités craignent que les revenus publicitaires ne compensent pas une telle dépense. Le secteur privé n’a pas encore montré d’intérêt à cofinancer l’opération, faute de perspectives de rentabilité. Le gouvernement insiste sur sa volonté de garantir un accès gratuit aux matchs, mais souligne que l’argent provient des contribuables et doit être utilisé avec discernement.
Une décision imminente
Le dossier a de nouveau été discuté en Conseil des ministres le 19 mai et le gouvernement pourrait bel et bien abandonner l’acquisition des droits de diffusion pour la Coupe du Monde FIFA 2026 dont l’offre ne peut être justifiée auprès du public, a déclaré la ministre du Bureau du Premier ministre, Supamas Isarabhakdi.
Entre l’argument du prestige national et celui de la rationalité budgétaire, l’exécutif hésite. Si le prix reste inchangé, il est possible que la Thaïlande renonce à acheter les droits, privilégiant des investissements de long terme dans le football local.
Il est aussi possible que le gouvernement tente un coup de bluff pour arracher un prix plus conforme à la valeur du produit.



