
La Thaïlande explore de nouvelles options pour sécuriser son approvisionnement énergétique. Le vice‑Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a révélé mardi qu’Oman avait offert de vendre son excédent de brut au royaume. Une proposition qui dépendra toutefois des besoins réels et des négociations sur les prix.
Cette offre est intervenue lors de la visite officielle de Sihasak à Mascate, du 15 au 17 avril, centrée sur la sécurité du passage des navires thaïlandais dans le détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique. Oman a indiqué pouvoir fournir du brut issu de sa capacité de production excédentaire, mais les détails — volumes, calendrier de livraison et tarifs — devront être discutés par le ministère de l’Énergie et la société publique PTT.
Le ministre a précisé que son département multipliait les contacts avec plusieurs pays afin d’anticiper d’éventuelles pénuries en mai et juin. La Thaïlande dépend déjà largement du pétrole en provenance du Moyen‑Orient, ce qui rend la diversification des sources cruciale dans un contexte de tensions géopolitiques.
Parallèlement, Mascate a demandé à Bangkok de soumettre à nouveau la liste des navires thaïlandais en attente de transit dans le détroit d’Ormuz. Cette requête intervient après le passage sécurisé d’un navire thaïlandais, obtenu grâce à une coordination diplomatique impliquant Oman, l’Iran et la Thaïlande. Dimanche, le ministère des Affaires étrangères avait confirmé que l’un des deux cargos du groupe Siam Cement (SCG), coté en bourse, avait franchi le détroit sans incident.
Cette coopération énergétique et sécuritaire illustre l’importance des relations bilatérales entre la Thaïlande et Oman. Pour Bangkok, l’offre de Mascate représente une opportunité de renforcer ses réserves et de stabiliser son marché intérieur, alors que les prix mondiaux restent volatils. Mais la décision finale reviendra aux autorités énergétiques et à PTT, qui devront évaluer la pertinence économique de l’accord.
Dans un contexte où la Thaïlande cherche à sécuriser ses approvisionnements tout en limitant l’impact des crises internationales, l’initiative omanaise pourrait constituer un levier stratégique. Reste à savoir si elle se traduira par un contrat concret ou si elle restera une option parmi d’autres dans le portefeuille énergétique du royaume.



