Phiphat
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Le gouvernement thaïlandais prépare un plan ambitieux pour restructurer le réseau ferroviaire de Bangkok. Le vice‑Premier ministre et ministre des Transports, Phiphat Ratchakitprakarn (Bhumjaithai), propose un rachat des concessions existantes pour un montant estimé à 140 milliards de bahts. L’objectif affiché : placer l’ensemble des lignes sous l’autorité unique de la Mass Rapid Transit Authority of Thailand (MRTA), afin d’unifier les tarifs et de mettre en place un système de billetterie commun.
Le projet couvrirait les actifs et contrats d’exploitation actuellement détenus par les opérateurs BTS et BEM. Selon Phiphat, cette consolidation permettrait de simplifier l’expérience des usagers et de mieux contrôler les prix, dans un contexte où le coût des transports urbains reste une préoccupation majeure pour les habitants de la capitale.
Mais l’opposition dénonce déjà un plan risqué. Sakoltee Phattiyakul, vice‑chef du Parti démocrate, a mis en garde contre un projet susceptible de « manquer de valeur pour l’argent public » et de favoriser des « intérêts cachés ». Il estime que la dépense massive envisagée doit être évaluée avec prudence, surtout dans un climat économique mondial incertain, afin d’éviter un fardeau budgétaire durable.
Le député souligne également que l’estimation de 140 milliards pourrait être insuffisante. Si le rachat se limitait à la Green Line (BTS), il serait inutile, puisque sa concession expire en 2029 et reviendra de toute façon à l’État. En revanche, inclure des lignes comme l’Orange ou la Rose, dont les concessions courent encore sur plusieurs décennies, ferait exploser la facture bien au‑delà du montant annoncé.
Comme alternative, Sakoltee propose un système de tarification zonale, accompagné de subventions annuelles de 6 à 8 milliards de bahts. Selon lui, cette solution serait plus rentable et permettrait de réduire les tarifs en attendant l’expiration naturelle des concessions.
La controverse illustre les tensions autour de la gestion des infrastructures stratégiques en Thaïlande. D’un côté, le gouvernement défend une réforme structurelle censée améliorer l’efficacité et l’accessibilité du réseau ferroviaire. De l’autre, l’opposition redoute un projet coûteux, opaque et potentiellement favorable à des intérêts particuliers.
La décision finale sur ce rachat pourrait devenir un test politique majeur pour l’exécutif, confronté à la nécessité de convaincre l’opinion publique que l’investissement servira réellement les usagers, et non ses réseaux d’influence.



