Santitarn Sathirathai
BANGKOK — Les petites et moyennes entreprises thaïlandaises (PME) et les consommateurs subissent de plein fouet trois « tempêtes économiques » qui fragilisent l’économie nationale. Selon le ministère des Finances, la situation combine hausse des coûts de production, affaiblissement de la demande intérieure et inflation persistante.
La première alerte concerne la flambée des prix de l’énergie et des transports, qui alourdit les charges des entreprises. La seconde est une hausse généralisée des coûts de production, décrite comme une « double pression » pour les PME. L’indice des prix à la production a bondi de 8,3 % au deuxième trimestre, tandis que l’inflation à la consommation est passée de ‑0,5 % au premier trimestre à +2,7 % au second. Faute de pouvoir répercuter ces hausses sur leurs clients, les petites entreprises voient leurs marges s’effondrer.
« Beaucoup de PME disposent de faibles réserves de trésorerie et d’un accès limité au crédit. Quand les revenus ralentissent et que les coûts augmentent, la liquidité devient le premier problème », a expliqué Santitarn, économiste cité par les autorités. Même des sociétés solides doivent réduire leurs effectifs ou leurs investissements, voire fermer.
La troisième tempête est la baisse de la consommation des ménages. La croissance de la consommation privée est tombée de 3,3 % à 1,9 % entre les deux premiers trimestres, et l’indice de confiance des consommateurs a chuté à 50,3. Les Thaïlandais dépensent moins, ce qui empêche les entreprises d’augmenter leurs prix et accentue la pression sur leurs finances.
Trois axes de réponse gouvernementale
Pour contrer ces chocs, le ministère des Finances a présenté une stratégie en trois volets : « soutenir aujourd’hui, transformer maintenant et investir pour demain ».
- Soutenir aujourd’hui : mesures de court terme pour alléger le coût de la vie et aider les PME viables en difficulté de trésorerie. Programmes comme Thai Chuay Thai Plus visent à amortir l’impact de la crise énergétique.
- Transformer maintenant : accélérer la transition énergétique afin de réduire la dépendance aux prix mondiaux. Une enveloppe de 200 milliards de bahts sera consacrée à la baisse durable des factures d’électricité et au développement des énergies vertes.
- Investir pour demain : miser sur l’essor des investissements privés, qui ont progressé de 13,4 % au deuxième trimestre, leur plus forte hausse en treize ans. Les secteurs porteurs incluent l’intelligence artificielle, les technologies vertes et l’économie numérique.
Un pari sur l’avenir
Le gouvernement veut positionner la Thaïlande comme un « Trusted Connector », un hub fiable pour les investisseurs étrangers dans un contexte géopolitique tendu. L’accent sera mis sur la valeur ajoutée locale : formation d’ingénieurs, recherche et développement, et intégration des PME dans les chaînes de valeur des industries du futur.
En résumé, si les trois tempêtes économiques menacent la stabilité des PME et le pouvoir d’achat des ménages, Bangkok espère transformer cette crise en opportunité, en renforçant ses capacités industrielles et en préparant le terrain pour une croissance plus durable.



