
Le gouvernement thaïlandais pourrait bientôt offrir une prime de 40 000 bahts aux automobilistes acceptant de mettre à la casse leur ancien véhicule pour acheter un pick-up neuf produit localement. Derrière cette mesure se cachent deux objectifs majeurs : relancer une industrie automobile en difficulté et réduire la pollution atmosphérique en partie responsable des épisodes de smog qui affectent régulièrement le pays.
Le projet est actuellement étudié par le département des Accises, qui a demandé une enveloppe de six milliards de bahts dans le cadre du programme d’emprunt public de 2026. Si le financement est approuvé, le dispositif pourrait entrer en vigueur dès 2027.
L’ambition du gouvernement est de remplacer jusqu’à 150 000 véhicules anciens par des pick-up ou des véhicules dérivés de pick-up (PPV) fabriqués en Thaïlande. Les autorités espèrent ainsi soutenir l’un des secteurs emblématiques de l’industrie nationale, durement touché ces dernières années par la baisse de la demande et le durcissement des conditions d’octroi de crédit.
Pour bénéficier de l’aide, plusieurs conditions devront être remplies. Le demandeur devra être de nationalité thaïlandaise et âgé d’au moins 20 ans. Le véhicule remis à la casse devra avoir été immatriculé avant 2012 et appartenir à l’une des catégories éligibles : voiture particulière, véhicule de transport de passagers ou utilitaire enregistré à titre privé.
Les propriétaires devront également être en règle avec la taxe annuelle, disposer de numéros de châssis et de moteur clairement identifiables et ne faire l’objet d’aucun contrat de financement en cours ou saisie judiciaire.
La subvention de 40 000 bahts ne sera pas versée directement aux acheteurs. Elle prendra la forme d’un acompte ou d’une réduction immédiate sur le prix du véhicule neuf. Les constructeurs participants devraient en outre proposer des remises supplémentaires, même si leur montant n’a pas encore été précisé.
Les modèles éligibles devront être fabriqués en Thaïlande et répondre à des normes environnementales strictes, notamment Euro 5 ou Euro 6. Les émissions de CO₂ devront rester inférieures à 185 grammes par kilomètre. Les véhicules compatibles avec le biodiesel B20 ou les technologies électrifiées seront particulièrement encouragés.
Selon les chiffres du Département des transports terrestres, la Thaïlande compte actuellement plus de 8 millions de voitures, pick-up et camionnettes âgés de plus de dix ans. Beaucoup de ces véhicules diesel ont été mis en circulation avant l’entrée en vigueur des normes antipollution modernes.
Le département des Accises estime que le programme permettrait de réduire d’au moins 310 000 tonnes les émissions annuelles de dioxyde de carbone, tout en diminuant d’environ 30 % les émissions de particules fines PM2,5 et d’oxydes d’azote provenant des véhicules remplacés.
Les retombées économiques pourraient également être considérables. Les autorités anticipent plus de 82,5 milliards de bahts d’activité économique grâce aux ventes de nouveaux pick-up. Un obstacle demeure toutefois : les centres thaïlandais spécialisés dans le démantèlement automobile ne peuvent actuellement traiter qu’environ 50 000 véhicules par an, soit trois fois moins que l’objectif du programme. Avant de devenir réalité, le projet devra donc encore obtenir l’aval du gouvernement et résoudre plusieurs défis logistiques.



