
Le deuxième Forum d’investissement russo-thaïlandais, organisé à Bangkok, a confirmé une tendance de fond : les relations entre Moscou et Bangkok dépassent désormais largement le cadre du tourisme. Réunissant plus de 800 entreprises et des projets représentant un potentiel supérieur à 4,5 milliards de dollars, l’événement a mis en lumière une coopération qui s’étend désormais à l’industrie, aux technologies numériques, à la santé, à l’immobilier et aux infrastructures.
Le principal résultat du forum a été la signature d’un accord entre Business Russia et la Fédération des industries thaïlandaises (FTI), destiné à favoriser les investissements croisés, les transferts de savoir-faire et la création de chaînes de production communes. Les deux pays souhaitent également réduire les obstacles qui freinent encore les échanges, notamment dans les domaines bancaires et des paiements internationaux.
L’immobilier s’impose comme l’un des secteurs les plus dynamiques. Les Russes ont réalisé 842 acquisitions immobilières en Thaïlande au cours des neuf premiers mois de 2026, pour une valeur de 3,6 milliards de bahts. Malgré les restrictions limitant la propriété étrangère, les investisseurs sont encouragés à se tourner vers le Corridor économique de l’Est (EEC), qui offre des avantages fiscaux et des baux de très longue durée. Les promoteurs thaïlandais se montrent également ouverts à la création de coentreprises avec des partenaires russes.
La coopération technologique constitue un autre pilier émergent. Les entreprises des deux pays explorent la création de plateformes numériques communes, le développement de logiciels professionnels, l’intelligence artificielle et les systèmes de traçabilité industrielle. L’objectif est non seulement de servir les marchés russe et thaïlandais, mais également d’utiliser la Thaïlande comme porte d’entrée vers l’ensemble de l’Asie du Sud-Est. Les discussions ont toutefois souligné l’importance de la formation des talents numériques, rares en Thaïlande, et de l’harmonisation réglementaire.
Le secteur de la santé offre également des perspectives prometteuses. Les autorités thaïlandaises souhaitent renforcer leurs capacités dans les vaccins, la recherche clinique, la génomique et les traitements personnalisés. Les entreprises russes pourraient apporter leur expertise dans les équipements médicaux, les technologies de rééducation, l’oncologie ou encore les thérapies innovantes. Le développement de ces projets dépendra néanmoins de procédures réglementaires parfois complexes au sein de l’ASEAN.
Enfin, le tourisme demeure le socle historique des relations bilatérales. Près de 1,9 million de Russes ont visité la Thaïlande en 2025, faisant de la Russie le premier marché européen du royaume. Les deux pays souhaitent désormais équilibrer davantage ces flux en attirant plus de touristes thaïlandais vers la Russie. L’amélioration des liaisons aériennes, des services numériques et de l’offre touristique, notamment dans les domaines médical, éducatif et d’affaires, figure parmi les priorités.
À l’approche du 130e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays en 2027, le message du forum est clair : la Russie et la Thaïlande entendent transformer une relation traditionnellement touristique en un véritable partenariat économique multidimensionnel.



