
Le nouveau dispositif de co‑paiement lancé par le gouvernement thaïlandais connaît un démarrage fulgurant. Entre le 1er et le 5 juin, plus de 10,8 milliards de bahts ont été injectés dans l’économie, dont 6,3 milliards pris en charge par l’État et 4,5 milliards dépensés directement par les ménages.
Une participation massive
Selon le ministère des Finances, plus de 20,3 millions d’utilisateurs ont déjà profité du programme, sur les 26 millions de personnes éligibles. Côté commerçants, près d’un million de boutiques sont enregistrées, dont plus de 120 000 nouvelles enseignes. Le dispositif sera élargi dès le 15 juin aux plateformes de livraison de repas, afin de faciliter l’accès et stimuler encore davantage les ventes des petits restaurateurs.
Un soutien au quotidien
Le principe est simple : l’État prend en charge 60 % des dépenses éligibles, les consommateurs paient les 40 % restants. Objectif affiché : soulager les ménages face à la hausse des prix de l’énergie et des biens de consommation, tout en dynamisant la consommation de proximité. Les files d’attente dans les marchés et l’enthousiasme des commerçants témoignent de l’efficacité immédiate du dispositif.
Mais un impact durable ?
La question reste ouverte. À court terme, le programme agit comme une bouffée d’oxygène : il relance la consommation, soutient les petits commerces et injecte des liquidités dans l’économie locale. Mais les économistes s’interrogent sur sa portée réelle. Les aides ponctuelles ne résolvent pas les problèmes structurels : salaires stagnants, endettement élevé des ménages, dépendance au secteur informel, absence de formation professionnelle et vulnérabilité aux chocs extérieurs.
Si l’État continue à financer massivement ce type de programme, la facture budgétaire pourrait peser lourd. Le risque est que ces mesures deviennent un pansement temporaire, sans transformer durablement le pouvoir d’achat ni la productivité du pays.
Une stratégie à surveiller
Le gouvernement mise sur l’effet de confiance et la circulation rapide de l’argent pour stabiliser l’économie. Mais pour que l’impact soit durable, il faudra accompagner ces aides de réformes plus profondes : hausse des salaires, réduction des inégalités régionales et soutien à l’innovation. Alors que l’exécutif ne jure que par le statu quo.
En attendant, le succès populaire du “Thais Help Thais Plus” confirme l’appétit des Thaïlandais pour ce type de soutien direct. Reste à savoir si cette manne publique pourra s’inscrire dans le temps sans fragiliser davantage les finances nationales. Certains rappellent que les fonds engagés par l’État proviennent en réalité des taxes et impôts payés par les citoyens.



