Phum
La montée des musiques locales en Asie du Sud-Est
Depuis 2023, les classements de streaming en Asie du Sud-Est révèlent une tendance nette : le recul du K‑Pop et de la pop occidentale au profit des musiques locales. L’analyse des Top 50 Spotify en Indonésie, aux Philippines, en Thaïlande, en Malaisie et à Singapour montre une progression constante des genres nationaux, tandis que les parts de marché coréennes et occidentales déclinent.
Thaïlande, le cas le plus frappant
Le phénomène est particulièrement marqué en Thaïlande. Le T‑Pop est passé d’environ 65 % de part en 2023 à près de 78 % en 2026. Dans le même temps, le K‑Pop a chuté de 27 % à 11 %. La corrélation entre les deux évolutions est quasi parfaite (r = −0,931), traduisant un véritable jeu à somme nulle : chaque recul du K‑Pop correspond à une avancée du T‑Pop. Parallèlement, le Thai Hip‑Hop a progressé en synergie avec le T‑Pop (r = +0,70), confirmant la montée en puissance des genres en langue thaïe.
Une nouvelle identité musicale
Cette dynamique illustre une réappropriation culturelle par les jeunes générations. Des artistes comme Phum Viphurit, avec son titre Lover Boy, incarnent cette évolution : un mélange d’anglais et de thaï, une esthétique indie‑pop qui séduit la Gen Z et s’impose comme alternative crédible au modèle coréen.
Un mouvement régional
Le même schéma se retrouve ailleurs : en Indonésie, le dangdut et la pop locale progressent ; aux Philippines, l’OPM (Original Pilipino Music) regagne du terrain ; en Malaisie et à Singapour, les productions locales s’affirment face aux influences globales.
Conclusion
La bascule observée n’est pas un simple hasard : elle traduit une tendance structurelle. Les musiques locales, longtemps éclipsées par le K‑Pop et la pop occidentale, s’imposent désormais comme les nouvelles locomotives des charts en Asie du Sud‑Est. La Thaïlande en est l’exemple le plus spectaculaire, mais le mouvement est régional et durable.



