
Le gouvernement thaïlandais réagit à une fuite de données d’ampleur inédite. Les identifiants et photos de cartes d’identité de hauts responsables, dont le Premier ministre Anutin Charnvirakul, ont été exposés en ligne. Face à ce scandale, l’exécutif annonce une série de mesures d’urgence pour protéger les systèmes publics.
Le ministre de l’Économie numérique et de la Société, Chaichanok Chidchob, a indiqué que des mots de passe volés lors de précédentes intrusions auraient été réutilisés pour accéder à des comptes officiels. L’origine exacte de la faille – agence, compte ou prestataire – n’a pas encore été identifiée.
Dès aujourd’hui, le Cabinet doit examiner une proposition visant à imposer l’authentification multi‑facteurs (MFA) sur l’ensemble des services publics. Cette méthode exige au moins deux preuves d’identité pour se connecter, compliquant considérablement la tâche des pirates.
En parallèle, une réinitialisation forcée des mots de passe sera appliquée dans toutes les administrations. « Nous gagnons du temps pour nettoyer totalement le système », a expliqué le ministre, précisant que plus de 300 agences disposent de 15 jours pour auditer près de 30 000 plateformes numériques. Les « systèmes zombies » – anciens outils laissés actifs en arrière‑plan – devront être fermés rapidement, car ils constituent des portes d’entrée faciles pour les hackers.
Le ministère des Transports a déjà désactivé l’accès externe à la base de données du Département des transports terrestres. D’autres ministères devront suivre. Pour garantir l’application stricte des directives, la conformité en matière de cybersécurité sera désormais liée aux indicateurs de performance et aux budgets alloués.
Chaichanok Chidchob a réuni hier les principales agences concernées : l’Autorité nationale de cybersécurité (NCSA), l’Agence de protection des données personnelles et le Bureau d’investigation sur la cybercriminalité. Tous s’accordent sur la nécessité de renforcer la défense numérique de l’État et de protéger les données des citoyens.
Amorn Chomchoey, secrétaire général de la NCSA, y voit une opportunité : « C’est le moment de mettre en œuvre sérieusement l’authentification multi‑facteurs dans toutes les unités publiques. »
Le gouvernement reconnaît qu’aucun système n’offre une garantie absolue contre les fuites. Mais il entend évoluer vers une infrastructure de sécurité maximale, avec une authentification standardisée sur le cloud, inspirée des pratiques des secteurs les plus sensibles.
Après la fuite de plus de 200 millions d’identifiants, la Thaïlande engage une refonte de sa cybersécurité, misant sur l’authentification multi‑facteurs et un audit massif de ses systèmes publics.
De son côté, le People’s Party a présenté mardi un plan d’urgence pour renforcer la cybersécurité des administrations thaïlandaises. Le parti, mené par le député Isriya Paireepairit, demande que toutes les agences publiques réinitialisent leurs mots de passe, désactivent les comptes d’anciens employés et réalisent des audits de sécurité dans les 30 jours. Il pointe des systèmes informatiques fragmentés et obsolètes, une authentification trop faible et l’absence de journaux d’accès, qui permettent aux criminels d’exploiter les identifiants et numéros de carte d’identité des citoyens. Le plan prévoit aussi un tableau de bord public pour identifier les agences défaillantes et, dans les 180 jours, l’instauration d’une authentification multi‑facteurs, de journaux centralisés inviolables et d’un responsable national de l’information pour standardiser la cybersécurité. Objectif affiché : mettre fin aux pratiques laxistes et restaurer la confiance des citoyens dans la protection de leurs données.



