
À Prachinburi, les autorités provinciales ont ordonné la fermeture immédiate d’une usine de traitement de déchets électroniques installée illégalement et paradoxalement au cœur d’une réserve forestière nationale. L’affaire, révélée par des habitants inquiets, met en lumière les menaces que fait peser ce type d’activité sur l’environnement et la santé publique.
Une alerte citoyenne
Tout est parti d’un post en ligne de Sumet Rianphongnam, leader du groupe civique Prachinburi Khemkhaeng. Photos et vidéos à l’appui, il dénonçait l’implantation d’une usine suspecte dans les réserves de Khwae Rabom et Si Yat, dans le district de Si Maha Phot. Selon lui, des investisseurs étrangers y triaient et compactaient des déchets électroniques depuis près d’un an, sans autorisation.
Inspection et saisie
Le gouverneur Weerapant Dee‑on a réagi rapidement. Le 6 août, il a mobilisé les services de l’industrie, des ressources naturelles et de l’environnement pour inspecter le site. Les agents ont confirmé que l’usine se trouvait bien dans une zone protégée et qu’elle opérait sans licence. Sur place, ils ont découvert des activités de tri, broyage et compactage de câbles électriques, composants et métaux. L’exploitation a été suspendue et tout le matériel saisi comme preuve.
Enquête sur les titres fonciers
Le gouverneur a également ordonné une enquête urgente sur la légalité des titres de propriété utilisés. Si ceux‑ci s’avéraient frauduleux, des poursuites seraient engagées afin de protéger les droits des communautés locales.
Une forêt d’importance nationale
Les réserves de Khwae Rabom et Si Yat, créées en 1969, couvrent entre 700 000 et 850 000 rai de forêt protégée. Elles font partie du « complexe forestier des cinq provinces » de l’Est thaïlandais, habitat essentiel pour les éléphants sauvages et de nombreuses espèces protégées. La zone alimente aussi les rivières Khwae Rabom et Khwae Si Yat, qui rejoignent le Bang Pakong, ainsi que le réservoir de Khlong Si Yat, d’une capacité de 420 millions de m³.
Risques environnementaux
Les autorités mettent en garde : le traitement illégal de déchets électroniques et le rejet de produits chimiques dangereux pourraient contaminer les nappes phréatiques et les cours d’eau. Les conséquences seraient graves pour les écosystèmes, la faune et la santé des habitants.
Une affaire emblématique
Cette fermeture illustre les tensions croissantes entre développement industriel et protection des ressources naturelles en Thaïlande. Alors que le gouvernement promet de renforcer la lutte contre les activités illégales dans les zones protégées, les citoyens rappellent que la vigilance reste indispensable pour éviter que les forêts, vitales pour l’équilibre écologique, ne soient sacrifiées au profit de profits rapides.



