
La police thaïlandaise a secouru mercredi deux étudiants de première année de l’université Rangsit, victimes d’une arnaque d’un genre nouveau. Loin des frontières où l’on imagine souvent les réseaux de fraude, c’est dans un simple resort – hôtel à bungalows de Pathum Thani, en périphérie de Bangkok, que les jeunes ont été isolés et manipulés par des escrocs.
Les malfaiteurs leur avaient promis de prestigieuses bourses d’études à l’étranger, documents officiels falsifiés à l’appui. Convaincus, les étudiants ont quitté leur dortoir pour s’installer dans une chambre d’hôtel, sous les ordres des escrocs. Là, ils ont été contraints de mettre en scène leur propre détresse afin d’extorquer de l’argent à leurs parents. L’un devait rester en visioconférence permanente, surveillé à distance, tandis que l’autre envoyait des photos avec une serviette nouée autour des chevilles pour simuler un enlèvement.
Le stratagème a fonctionné : les familles, paniquées, ont transféré près de 900 000 bahts au total, soit environ 22 000 euros, vers des comptes de « mules » utilisées par le réseau. Les escrocs changeaient régulièrement de scénario, allant jusqu’à se faire passer pour des policiers et menacer les étudiants de lourdes charges judiciaires.
Alertée par l’université, qui ne parvenait plus à joindre les deux disparus, la police a rapidement retracé leurs déplacements et les a libérés. Les enquêteurs poursuivent désormais la piste financière pour identifier les auteurs et remonter la chaîne des complicités.
Cette affaire illustre une réalité inquiétante : nul besoin de traverser les frontières pour tomber sur des escrocs. Les réseaux savent exploiter la crédulité et la peur directement au cœur des villes thaïlandaises, en utilisant des bungalows ou des appartements comme lieux de séquestration virtuelle. Les victimes, persuadées d’être surveillées ou menacées, obéissent sans résistance et deviennent les instruments de leur propre extorsion.
Avec des sommes aussi élevées en jeu et des méthodes de plus en plus sophistiquées, les autorités thaïlandaises rappellent que la vigilance doit être constante et que tout le monde reste une victime potentielle.
La question d’une éventuelle complicité des victimes peut certes être évoquée, mais à ce stade elle n’est pas retenue.



