
Deux yachts de luxe saisis dans une affaire de fraude internationale vont être proposés aux enchères publiques la semaine prochaine à Phuket. L’Atlas, un superyacht de 51 mètres estimé à plus de 600 millions de bahts (environ 16 millions d’euros), et son annexe, l’Atlas Strider, seront mis en vente par le Bureau thaïlandais de lutte contre le blanchiment d’argent (Amlo).
Le navire principal, enregistré aux îles Caïmans, avait été saisi en décembre 2025 au Phuket Island Marina, trois jours après l’ordre officiel de confiscation. Construit en 2011 sous le nom d’Aldabra, il avait été rebaptisé Atlas par son nouveau propriétaire. Selon Amlo, le yacht est lié à des escroqueries transnationales opérées par des centres d’appels frauduleux, impliquant une Thaïlandaise identifiée comme Taengthai et le financier sud-africain Benjamin Mauerberger.
Mauerberger, également connu sous le nom de Ben Smith, est recherché par les autorités thaïlandaises pour blanchiment d’argent et fraude à grande échelle. D’après le site d’investigation Whale Hunting, l’Atlas fait partie d’une flotte de trois yachts lui appartenant. Après avoir fui la Thaïlande en 2025, il aurait navigué vers Dubaï puis les Seychelles. Ses traces se sont depuis perdues.
En mars dernier, le tribunal pénal de Bangkok a émis des mandats d’arrêt contre Mauerberger et son épouse, Cattaliya Beevor, les accusant d’avoir orchestré un système de fraude à l’investissement remontant à 2016. Les juges ont ordonné la saisie de biens d’une valeur de plus de 410 millions de dollars. La police thaïlandaise a indiqué qu’elle solliciterait une notice rouge d’Interpol pour tenter de localiser le couple.
Les enchères auront lieu le 23 juin à 11 heures au hall provincial de Phuket, sur Chaofa Road. Les intéressés pourront visiter l’Atlas la veille au Visit Panwa pier, tandis que l’Atlas Strider sera visible au Phuket Yacht Haven marina. La mise à prix du hors‑bord est fixée à 8,1 millions de bahts (environ 247 000 dollars).
Cette vente s’inscrit dans une série de liquidations de biens saisis par les autorités thaïlandaises, qui cherchent à démontrer leur détermination à lutter contre les réseaux d’arnaques en ligne. Ces centres d’appel, souvent basées au Cambodge et en Thaïlande, ont prospéré ces dernières années en exploitant des milliers de travailleurs et en ciblant des victimes à travers le monde.
Pour Phuket, l’événement attire l’attention autant pour la valeur des biens que pour le scandale qui les entoure. Le superyacht Atlas, symbole de luxe et de démesure, devient désormais le témoin d’une lutte régionale contre le crime organisé et la fraude numérique.



