
La Thaïlande conserve sa crédibilité financière. L’agence S&P Global Ratings a confirmé, le 18 juin, la note souveraine du pays à BBB+ avec perspective stable, saluant une reprise économique modeste mais régulière et des fondamentaux extérieurs solides.
Une croissance modeste, mais résiliente
Selon S&P, le PIB réel devrait progresser de 2 % en 2026, freiné par la volatilité persistante des marchés énergétiques. L’agence anticipe toutefois une reprise graduelle à partir de 2027, avec une croissance moyenne de 2,3 % sur la période 2026‑2029. Le revenu par habitant devrait passer de 8 000 dollars en 2024 à environ 9 000 dollars en 2026, soutenu par un baht plus fort.
Stabilité politique et projets structurants
La stabilité politique sous le nouveau gouvernement est jugée favorable à la continuité des politiques publiques et aux investissements de long terme, notamment dans le corridor économique de l’Est (EEC) et les grands projets d’infrastructures. Les partenariats public‑privé et les entreprises d’État devraient jouer un rôle clé pour renforcer la compétitivité.
Tourisme et finances publiques
Le secteur touristique reste fragile : les arrivées étrangères ont reculé de 2,4 % au premier trimestre 2026. S&P estime néanmoins que les mesures de soutien et la promotion du tourisme domestique permettront de maintenir la valeur créée. Sur le plan budgétaire, le déficit devrait avoisiner 3,2 % du PIB en 2026‑2027, tandis que la dette nette de l’État atteindrait 3,5 % du PIB avant de refluer légèrement. La position extérieure demeure robuste, avec un excédent courant attendu autour de 2 % du PIB et des réserves solides.
Le patronat veut des réformes
Pour le Joint Standing Committee on Commerce, Industry and Banking (JSCCIB), cette confirmation de note, cohérente avec celle de Moody’s (Baa1), reflète la confiance des investisseurs dans la gestion macroéconomique et budgétaire du pays. Mais son président, Payong Srivanich, insiste : la confiance à long terme dépendra d’une accélération des réformes structurelles, ce qui s’annonce difficile avec un gouvernement favorable au statu quo. Le patronat appelle à orienter l’économie vers la productivité, l’innovation et la durabilité, en privilégiant les investissements à fort rendement dans les chaînes de valeur et en réduisant les subventions généralisées.
Coopération internationale et discipline budgétaire
Le JSCCIB soutient également la candidature de la Thaïlande à l’OCDE, gage de transparence et de bonne gouvernance, et encourage une coopération renforcée avec la Banque mondiale. Le secteur privé se dit prêt à accompagner le gouvernement via des investissements, le développement des PME et des comités public‑privé.



