
Les autorités thaïlandaises ont lancé une vaste opération de régularisation à Phuket. Plus de 4 000 hôtels et établissements de divertissement non enregistrés disposent de quinze jours, jusqu’au 2 juillet, pour se mettre en conformité. Parallèlement, le ministère de l’Intérieur a ordonné une enquête sur les sociétés liées à des étrangers soupçonnées de détenir illégalement des terrains dans l’île.
Une campagne de régularisation express
Les vice‑ministres de l’Intérieur, Polpheer Suwannachee et Worasit Liangprasit, ont effectué une visite sur place le 18 juin. Ils ont ordonné aux services provinciaux d’ouvrir des « cliniques de consultation » pour aider les hôteliers et exploitants de bars à obtenir leurs licences. Objectif : intégrer rapidement les acteurs informels dans le système légal. Polpheer a promis de réviser les lois sur les hôtels et les lieux de divertissement, jugées trop rigides et inadaptées aux réalités économiques actuelles.
La question sensible des terres
Au‑delà des licences, le gouvernement veut s’attaquer aux structures de type “nominee” ou « prête-nom » utilisées par des investisseurs étrangers pour contourner l’interdiction de posséder des terrains en Thaïlande. Plus de 200 sociétés sont dans le viseur. « Pas un centimètre carré ne doit être accaparé par des capitaux étrangers », a martelé Polpheer, reprenant une rhétorique nationaliste. Les enquêtes portent aussi sur des titres fonciers suspects et des cas d’empiétement sur des zones forestières, dont les suspects sont bien de nationalité thaïlandaise.
Entre fermeté et soutien aux entreprises
Worasit Liangprasit a assuré que les autorités réduiraient les obstacles administratifs pour les opérateurs légaux, tout en durcissant les sanctions contre ceux qui persistent à violer la loi. Les chiffres sont parlants : sur environ 5 000 hôtels recensés à Phuket, seuls 800 disposent d’une licence officielle. Les autres, soit 84 %, doivent régulariser leur situation sous peine de poursuites.
Écouter les acteurs locaux
Lors de réunions avec les hôteliers et restaurateurs, les ministres ont entendu les doléances sur la lourdeur des procédures et les incohérences du zonage. Certains établissements se trouvent dans des zones classées « résidentielles » ou « vertes » qui ne correspondent plus à la réalité du terrain. Les responsables ont promis d’adapter les règles d’urbanisme et de zonage pour refléter l’évolution de l’île, haut lieu du tourisme international.
Un enjeu national
Le gouvernement présente Phuket comme un modèle pilote : la province doit servir de laboratoire avant une extension des mesures à d’autres destinations touristiques. L’enjeu est double : restaurer la confiance des investisseurs légaux et montrer que l’État peut reprendre la main face aux pratiques illégales. Les autorités locales, appuyées par le Département des terres et le Département des forêts, devront rendre leurs conclusions rapidement.
Vers une nouvelle ère ?
Cette campagne illustre la volonté du Premier ministre Anutin Charnvirakul de nettoyer le secteur touristique et de renforcer l’image de la Thaïlande comme destination sûre et régulée. Mais elle révèle aussi les tensions entre la nécessité d’attirer des capitaux étrangers et la volonté de protéger le patrimoine foncier national.
On ne sait pas ce qui adviendra, le 2 juillet, des nombreux hôtels qui n’auront pas régularisé leur situation.



