
L’économie thaïlandaise a progressé de 1,9 % au deuxième trimestre 2026, selon les chiffres publiés par le Conseil national de développement économique et social (NESDC). Ce rythme marque un ralentissement par rapport aux 2,8 % enregistrés au premier trimestre, mais reste légèrement supérieur aux attentes du marché.
La croissance a été portée par une hausse de 9,1 % des investissements, en particulier privés (+13,4 %), concentrés sur les machines, équipements et véhicules. Les investissements publics, eux, ont reculé de 1,6 %. Les exportations de biens ont bondi de 17,6 % en valeur, tirées par la demande mondiale d’électronique et d’appareils électriques. Mais les importations ont explosé (+42,3 % en valeur), creusant le déficit du compte courant à l’équivalent de 12 % du PIB.
Le tourisme continue de jouer un rôle moteur, avec 6,55 millions d’arrivées internationales et des recettes de 663 milliards de bahts, en hausse de 6,3 % par rapport au trimestre précédent, mais également en hausse par rapport à l’an passé, même si le nombre de touristes a baissé. L’agriculture a progressé de 1,5 %, grâce aux fruits, à la canne à sucre et au caoutchouc, tandis que le riz et l’huile de palme ont reculé. Les revenus agricoles ont néanmoins rebondi de 6,6 %, une première depuis plus d’un an.
Sur le plan de la stabilité, l’inflation s’est établie à 2,7 %, le chômage à 0,96 %, et la dette publique atteint 12,9 trillions de baht, soit 66,9 % du PIB.
Pour l’ensemble de l’année 2026, le NESDC prévoit une croissance comprise entre 2,0 % et 2,5 %, avec un point médian à 2,2 %, très en dessous des pays voisins comparables. Au deuxième trimestre, le Vietnam a observé une croissance de… 8.4 %, la Malaisie 6 %, Singapour 5.9 %, l’Indonésie 5.29 % et les Philippines, 2.3 %.
Les moteurs attendus sont la consommation des ménages, les investissements privés, les exportations et les dépenses publiques.
Les priorités fixées par le NESDC
- Soutenir la production agricole et sécuriser les revenus des agriculteurs, notamment face aux risques climatiques liés à El Niño.
- Maintenir la dynamique des exportations, en limitant l’impact des tensions commerciales avec les États‑Unis.
- Accélérer la mise en œuvre des projets d’investissement privés déjà approuvés.
- Consolider la croissance par les dépenses publiques et les infrastructures.
- Se préparer aux risques liés aux conflits au Moyen‑Orient, susceptibles de perturber les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.
La Thaïlande reste donc sur une trajectoire de croissance modérée en 2026. Si les investissements et le tourisme soutiennent l’activité, le poids des importations et les incertitudes géopolitiques rappellent la fragilité de la reprise.



