
La Thaïlande vient de gagner quatre places dans le classement mondial de compétitivité 2026 de l’IMD –International Institute for Management Development-, passant au 26ᵉ rang sur plus de 70 économies. Une progression saluée par le gouvernement, qui y voit un signal positif, mais aussi un rappel des faiblesses structurelles à corriger pour soutenir la croissance à long terme.
Des points forts, mais des fragilités persistantes
Le rapport de l’IMD souligne plusieurs améliorations : les investissements étrangers progressent (24ᵉ place contre 30ᵉ l’an dernier), l’efficacité du secteur privé s’améliore (37ᵉ contre 39ᵉ), et la performance fiscale bénéficie de la numérisation, notamment avec la facturation électronique.
Mais les défis restent nombreux. La Thaïlande est classée 67ᵉ pour l’intensité énergétique, preuve d’une dépendance lourde aux importations de pétrole et de gaz (près de 10 % du PIB). Le pays recule aussi dans le commerce international (de la 4ᵉ à la 9ᵉ place), tandis que la santé, l’environnement (56ᵉ) et l’éducation (52ᵉ) demeurent en retrait.
Un comité pour piloter les réformes
Le vice‑Premier ministre et ministre des Finances, Ekniti Nitithanprapas, a annoncé la création d’un comité public‑privé présidé par le Premier ministre Anutin Charnvirakul. Quatre sous‑comités traiteront des infrastructures, du commerce, des lois et du marché du travail. L’objectif est d’obtenir des résultats tangibles d’ici trois à quatre ans.
Parmi les initiatives évoquées figure le projet « Thailand Fast Pass », destiné à simplifier les réglementations pour stimuler l’investissement sans dépenses publiques supplémentaires.
Confiance des agences de notation
Cette dynamique est soutenue par les agences internationales. S&P Global Ratings a confirmé la note souveraine BBB+ avec perspective stable, citant la stabilité politique et la crédibilité budgétaire. Moody’s et S&P insistent sur l’importance d’investir dans les infrastructures, le capital humain, négligé depuis toujours, et la réforme réglementaire.
Comparaison européenne
Dans le même classement IMD :
- Suisse : toujours dans le trio de tête, grâce à son innovation et ses institutions solides.
- Belgique : 27ᵉ, stable mais confrontée à des défis fiscaux et d’efficacité publique.
- France : 33ᵉ, en léger recul, freinée par des rigidités réglementaires hystériques malgré des infrastructures solides.
La Thaïlande se situe désormais au niveau de la Belgique et dépasse la France, tandis que la Suisse reste un modèle de compétitivité.
Un enjeu de confiance
Pour Anutin Charnvirakul, cette progression reflète la confiance des citoyens et de la communauté internationale. Mais le gouvernement sait que seule une stratégie claire sur l’énergie, l’éducation et la diversification des exportations permettra de transformer ce gain de compétitivité en croissance durable.



