
À partir du 3 août, Koh Samui va instaurer un système de distribution d’eau tournante pour faire face à une sécheresse qui a réduit les réserves bien en dessous des besoins quotidiens. L’annonce a été faite le 28 juillet par la Provincial Waterworks Authority (PWA), qui reconnaît un déficit de 18 000 m³ par jour entre la demande (34 000 m³) et l’approvisionnement actuel (16 000 m³).
Concrètement, l’île sera divisée en zones desservies à tour de rôle. Les habitants et les entreprises devront stocker de l’eau en prévision des jours sans approvisionnement et limiter leur consommation. Déjà, plusieurs foyers signalent une pression faible ou une absence totale d’eau courante, contraints d’acheter de l’eau auprès de camions privés. Les restaurants et hôtels, eux, redoutent une hausse des coûts et une atteinte à l’image touristique de Samui.
Cette crise met en lumière la fragilité des infrastructures de base sur l’île. Car si l’eau manque aujourd’hui, les déchets s’accumulent depuis des années. Les incinérateurs fonctionnent mal, les ordures s’entassent et aucune solution durable n’a encore été mise en œuvre. Les habitants dénoncent une double urgence : l’eau et les déchets, deux problèmes qui menacent directement la qualité de vie et l’attractivité touristique.
Dans ce contexte, le projet de construction d’un pont reliant Samui au continent, prévu dans les prochaines années, inquiète. L’ouvrage devrait faciliter les déplacements et accroître les flux de visiteurs, mais il risque aussi d’aggraver la situation. Plus de touristes et plus de résidents permanents signifieront une consommation d’eau encore plus élevée et une production accrue de déchets, alors que l’île peine déjà à gérer ses ressources.
Les experts rappellent que Samui dépend de son image de paradis tropical. Or, entre pénurie d’eau, gestion défaillante des ordures et pressions touristiques, l’équilibre écologique est menacé. Sans investissements massifs dans les infrastructures de base — traitement des déchets, gestion durable de l’eau, protection des plages et des forêts — le pont pourrait transformer l’île en victime de son succès.
Pour l’heure, les autorités locales appellent à la coopération des habitants face au rationnement. Mais la question de fond reste entière : Samui peut-elle accueillir davantage de visiteurs sans résoudre ses problèmes structurels ?



