
La pénurie de main‑d’œuvre dans les usines thaïlandaises inquiète les patrons. Mardi, le Comité tripartite du commerce, de l’industrie et de la banque (JSCCIB) a demandé au gouvernement d’assouplir rapidement les règles pour recruter davantage de travailleurs migrants venus des pays voisins.
Simplifier les procédures
À la tête de la Fédération des industries thaïlandaises, Pimjai Leeissaranukul a insisté sur l’urgence de prolonger les permis de travail et de fluidifier les démarches administratives. « Nous avons besoin d’un cadre stratégique pour stabiliser les secteurs essentiels et soutenir la croissance », a‑t‑elle déclaré. Le comité prévoit de rencontrer prochainement les autorités pour proposer des mesures à court, moyen et long terme.
Une économie sous pression
Malgré ces tensions, le JSCCIB maintient sa prévision de croissance du PIB pour 2026 entre 1,2 et 1,6 %. Mais le conflit au Moyen‑Orient, qui fait grimper les prix du pétrole et les coûts de transport, pèse sur les exportations, attendues en recul de 0,5 à 1,5 %. L’inflation devrait se situer entre 2 et 3 %.
Le premier trimestre a pourtant montré une certaine vigueur : +2,8 % de croissance sur un an, portée par des investissements en hausse de 9,9 %, un record depuis 11 ans. Les exportations de produits technologiques, dopées par la demande mondiale en numérique et intelligence artificielle, ont bondi de 45 %. Mais cette dynamique reste concentrée sur le secteur high‑tech et ne profite pas à l’ensemble du tissu industriel.
Migrants indispensables
La Thaïlande dépend depuis longtemps des travailleurs venus du Cambodge, du Laos et du Myanmar pour ses industries du textile, de l’agroalimentaire ou de la construction. Les retards dans le renouvellement des permis compliquent leur maintien sur le territoire. Les industriels craignent que sans assouplissement rapide, les chaînes de production ne soient perturbées.
Le JSCCIB plaide pour une régulation claire afin d’éviter les filières illégales et garantir des conditions de travail encadrées. L’enjeu est aussi social : une intégration mieux organisée des migrants permettrait de réduire les tensions et de soutenir la stabilité.
Transparence et gouvernance
Au‑delà de la main‑d’œuvre, le comité a salué la création d’un comité anticorruption le 18 mai. Les industriels y voient un signal fort pour renforcer la transparence et améliorer le climat des affaires. L’utilisation des technologies pour réduire les marges de manœuvre discrétionnaires de certains fonctionnaires devrait, selon eux, accroître la confiance des entreprises et des citoyens.
La complexité et le coût des démarches pour embaucher légalement des travailleurs migrants poussent certains employeurs à se tourner vers la main‑d’œuvre clandestine. Selon plusieurs experts, observateurs et ONG, cette situation ouvre la voie à des pratiques de racket menées par des fonctionnaires corrompus, qui exploitent les victimes de véritables trafics humains.



