
L’économie thaïlandaise a enregistré une progression de 2,8 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, selon les chiffres publiés lundi par le Conseil national de développement économique et social (NESDC). Il s’agit de la plus forte expansion en trois trimestres, portée par un bond inédit des investissements et une solide performance des exportations.
Investissements au plus haut depuis 11 ans
La croissance s’explique d’abord par une envolée de l’investissement total, en hausse de 9,9 %, soit le rythme le plus élevé depuis 2015. Les investissements privés ont progressé de 10,1 %, tandis que ceux du secteur public ont augmenté de 9,4 %. Cette dynamique reflète à la fois la confiance des entreprises et l’accélération des projets d’infrastructures.
Exportations dopées par la technologie
Autre moteur : les exportations, qui ont bondi de 12,6 % sur un an. Les ventes de biens ont progressé de 15,5 %, tirées par les télécommunications, les composants informatiques et les pick‑up, tandis que les services ont affiché une hausse plus modeste de 1 %. Le NESDC table désormais sur une croissance annuelle des exportations de 9,6 %, bien supérieure à la prévision initiale de 2 %.
Dépenses publiques en soutien
La consommation publique a également contribué, avec une hausse de 3,4 %, liée à la montée en puissance des décaissements budgétaires et des transferts sociaux. En revanche, en données corrigées des variations saisonnières, la croissance trimestrielle ressort à 0,7 %, en léger ralentissement par rapport aux 1,9 % du trimestre précédent.
Prévisions maintenues à 2 %
Malgré ce bon début d’année, le NESDC maintient sa prévision de croissance pour 2026 dans une fourchette de 1,5 à 2,5 %, avec un scénario central à 2 %. L’agence souligne que l’économie reste exposée à plusieurs risques : la guerre au Moyen‑Orient, la volatilité des marchés financiers, l’endettement élevé des ménages et les aléas climatiques qui menacent l’agriculture.
Le plan de relance en renfort
Le gouvernement mise sur le décret d’emprunt de 400 milliards de bahts pour soutenir l’activité. Environ 170 à 200 milliards devraient être injectés cette année, ce qui pourrait ajouter 0,4 point de croissance. Ces fonds visent à préserver le pouvoir d’achat des ménages face à la hausse des prix de l’énergie et des biens de consommation.
Trois scénarios face au conflit
Le NESDC a présenté trois trajectoires possibles :
- Base normale : si le conflit s’apaise d’ici mi‑2026, la croissance atteindrait 2 %.
- Scénario intermédiaire : si la guerre se prolonge jusqu’à fin 2026, le PIB ne progresserait que de 1 %.
- Scénario pessimiste : en cas de prolongation jusqu’en 2027, la croissance tomberait à 0,8 %.
Inflation en hausse
L’agence anticipe désormais une inflation comprise entre 2 et 3 % cette année, contre une estimation initiale proche de zéro. La transmission des coûts de production, notamment énergétiques et logistiques, commence à peser sur les prix à la consommation.
En résumé, la Thaïlande signe un premier trimestre encourageant grâce aux investissements et aux exportations, mais reste sous la menace des tensions géopolitiques et de la fragilité interne de son économie.
Par ailleurs, l’agence japonaise R&I a confirmé la note souveraine de la Thaïlande à A-, avec une perspective stable.
Elle souligne la solidité des fondamentaux macroéconomiques et la discipline budgétaire, malgré les incertitudes mondiales. La croissance du PIB a atteint 2,4 % en 2025, portée par les exportations et un meilleur solde commercial avec les États‑Unis. Mais l’économie reste exposée à la hausse des prix de l’énergie, à l’endettement élevé des ménages et au vieillissement démographique. R&I estime toutefois que la dette publique, financée surtout par des obligations domestiques, demeure gérable.



