
Ipsos Limited a dévoilé les résultats de son enquête « What Worries Thailand? », « qu’est-ce qui inquiète les Thaïlandais ? », menée entre 2022 et 2026. Dans la première moitié de 2026, la corruption politique et financière s’impose comme la principale préoccupation des Thaïlandais : 49 % des sondés la citent en tête, devant la pauvreté et les inégalités sociales (41 %), les conflits militaires internationaux (27 %), l’inflation (27 %) et la criminalité (24 %).
Ces priorités diffèrent sensiblement des tendances mondiales, où l’inflation domine (33 %), tandis que la corruption n’arrive qu’en cinquième position (26 %). Plus de la moitié des Thaïlandais (56 %) estiment par ailleurs que le pays va dans la mauvaise direction. L’optimisme né fin 2025, après la dissolution du Parlement et les élections générales, s’est vite dissipé : l’arrivée d’un nouveau gouvernement n’a pas convaincu, et la confiance s’est érodée.
Une confiance en chute libre
Le sentiment de défiance s’est accentué en mars et avril, beaucoup reprochant au gouvernement son manque de réponses face aux difficultés persistantes. Résultat : 71 % des Thaïlandais jugent l’économie en « mauvais état », un record depuis quatre ans.
L’indice de confiance des consommateurs Ipsos pour avril 2026 confirme cette tendance : le National Index thaïlandais a plongé à 45,5 points, soit une baisse de 10,9 points en un mois — la plus forte au monde. La chute dépasse celles observées en Malaisie (–6,1), Corée du Sud (–5,1), Japon (–4,7) et Australie (–4,6). Ipsos parle d’une « crise de confiance » alimentée par l’incertitude économique, les tensions géopolitiques, la hausse du coût de la vie et la perception d’une action gouvernementale insuffisante ou centrée sur la défense du statu quo..
« Pour la première fois, la confiance des consommateurs thaïlandais atteint son plus bas niveau depuis le lancement de l’enquête il y a quatre ans », souligne Pimtai Suwannasuk, responsable chez Ipsos. Elle rappelle qu’à la fin de 2025, l’ambiance était plus positive grâce au programme d’allocations “Half-Half” et aux élections. Mais en avril, l’absence de politiques tangibles a fait basculer l’opinion.
Des comportements plus prudents
Cette défiance se traduit dans les habitudes : 66 % des consommateurs dépensent moins et avec plus de prudence, 49 % privilégient les promotions, 47 % prennent davantage de temps avant d’acheter. Près de la moitié s’inquiètent pour leur emploi, tandis que 56 % doutent de leurs investissements, de leurs retraites et de l’éducation de leurs enfants. Même les ménages aisés réduisent leurs dépenses, signe d’une inquiétude généralisée.
Un climat régional et mondial pesant
Les conflits au Moyen-Orient et les tensions entre Washington et Téhéran nourrissent les craintes d’une flambée des prix de l’énergie. Un tiers des Thaïlandais pensent que ces tensions dureront jusqu’à la fin de l’année, un quart au-delà. Dans ce contexte, l’inflation revient dans le top cinq des préoccupations.
Enfin, l’enquête Ipsos Mobility révèle que 60 % des Thaïlandais considèrent les véhicules électriques comme une option séduisante, davantage qu’en Europe ou en Amérique du Nord. Les marques, selon Ipsos, doivent désormais miser sur la valeur, l’accessibilité et la fiabilité pour rassurer des consommateurs devenus extrêmement prudents.



