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Les Thaïlandais choqués par le scandale sexuel dans la famille Singha. Boycott ? MàJ

Geo Valin 26 Mai 2026
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La Thaïlande est sous le choc. Les accusations d’abus sexuels portées par Siranudh Scott, héritier de la famille Bhirombhakdi, contre son frère aîné Sunit, ont déclenché une onde de stupeur dans le royaume. Cette dynastie, à la tête du brasseur Boonrawd Brewery, fondateur de la marque de bière Singha, est l’une des plus puissantes du pays.

Un témoignage qui brise le silence

Dans une vidéo poignante, Siranudh, 29 ans, raconte avoir été agressé sexuellement entre ses 9 et 13 ans, chaque été lorsque son frère rentrait de son internat. Il affirme avoir accepté une compensation financière il y a trois ans pour garder le silence, mais dit avoir atteint son « point de rupture » après un conflit judiciaire avec sa mère. Sunit, l’agresseur, a nié les accusations, mais Boonrawd l’a pourtant immédiatement démis de ses fonctions de direction.

Une société bouleversée

La révélation a provoqué un véritable électrochoc. Dans un pays où les violences sexuelles sont souvent tues par peur de la honte et du poids des hiérarchies familiales, voir une famille milliardaire exposée publiquement est inédit. Les réseaux sociaux se sont embrasés : le hashtag #PsiScott a encouragé de nombreuses victimes à partager leurs propres récits, brisant un tabou profondément ancré, tout comme les #MeToo bien connus en occident.

Appels au boycott

Au‑delà de l’indignation, certains consommateurs ont décidé de se détourner des produits Singha. Des internautes affirment qu’ils ne veulent plus « soutenir une marque associée à un scandale aussi grave ». Des bars et restaurants indépendants ont annoncé qu’ils envisageaient de retirer Singha de leurs cartes, au moins temporairement. Pour une marque emblématique, connue à l’international grâce à son logo au lion doré et ses partenariats avec Chelsea FC ou l’écurie Haas F1, l’impact sur l’image est considérable.

Vers un #MeToo thaïlandais ?

Des personnalités publiques comme Patinya Kuantrakul ou l’influenceur Taylor Srirat ont partagé leurs propres expériences, renforçant l’idée d’un mouvement inédit en Thaïlande. « Les jeunes Thaïlandais ont appris le droit à disposer de leur propre corps », souligne la psychologue sociale Apitchaya Chaiwutikornwanich. Pour l’avocate Busayapa Srisompong, cette affaire illustre la nécessité de mettre fin à la culture de la culpabilisation des victimes.

Cependant, aucune poursuite n’est engagée contre le grand frère, Sunit.

Une crise de réputation

La famille Bhirombhakdi, dont la fortune est estimée à 1,75 milliard de dollars, voit son empire fragilisé. Si Boonrawd Brewery tente de limiter les dégâts en coopérant avec les autorités, la défiance grandissante pourrait peser sur ses ventes domestiques et ternir son prestige à l’étranger.

Ce scandale dépasse le cadre familial : il ouvre un débat national sur les violences sexuelles et la responsabilité des grandes fortunes qui font partie de « l’establishment tout puissant ».

MàJ : Siranudh « Psi » Scott a révélé qu’en plus des agressions sexuelles subies dans son enfance, il avait été contraint par des membres de la famille Singha à consommer de la drogue. Ces faits, survenus entre ses 9 et 15 ans, n’avaient jamais été évoqués publiquement auparavant. Il a décidé d’en parler lors d’une conférence de presse, expliquant que cette consommation forcée faisait partie des violences qu’il avait endurées. Selon le président de la Thailand Watch Foundation, le délai de prescription de vingt ans permet encore de poursuivre ces accusations liées à la drogue et aux abus.

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