
La police de l’immigration thaïlandaise a reçu pour instruction de retrouver plus de 10 000 ressortissants étrangers soupçonnés de séjourner illégalement dans le royaume après l’expiration de leur visa, le fameux « overstay » bien connu. Cette vaste opération nationale s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la lutte contre la criminalité transnationale, les escroqueries, le trafic de stupéfiants et l’immigration irrégulière.
L’ordre a été donné par le général de police Nopasin Poolsawat, directeur du Bureau de l’immigration, dans le cadre d’une campagne coordonnée par le chef de la police royale thaïlandaise, le général de police Samran Nuanma. Les contrôles se multiplient désormais dans les grandes villes, les stations touristiques et les provinces frontalières.
Pour les expatriés et visiteurs étrangers, le message est clair : les vérifications administratives se durcissent. Les agents de l’immigration utilisent de plus en plus les bases de données internationales des personnes recherchées et croisent ces informations avec les renseignements collectés localement.
Une enquête sur une fraude internationale à l’origine du coup de filet
L’accélération de cette campagne fait suite à un vaste coup de filet mené à Bangkok le 19 octobre. Les autorités thaïlandaises, assistées par des enquêteurs sud-coréens, ont arrêté huit ressortissants sud-coréens et deux citoyens chinois soupçonnés d’être impliqués dans une organisation spécialisée dans les escroqueries en ligne.
Selon les enquêteurs, le groupe opérait depuis des résidences de luxe de la capitale et ciblait principalement des victimes en Corée du Sud à travers de fausses procédures judiciaires, des usurpations d’identité et des arnaques sentimentales, un cas typique de « call center » en plein Bangkok. Tous les suspects ont vu leur visa annulé après leur interpellation.
L’enquête aurait débuté après l’arrestation, début septembre, d’un Sud-Coréen recherché pour fraude et déjà en situation de dépassement de séjour en Thaïlande.
Des arrestations dans tout le pays
Parallèlement, les autorités multiplient les opérations dans les zones touristiques. À Koh Samui, Koh Phangan et Koh Tao, plusieurs étrangères ont été arrêtées pour dépassement de visa, dont l’une séjournait illégalement dans le royaume depuis plus de deux ans.
Dans la province frontalière de Tak, plus de 200 infractions liées à l’immigration ont été relevées lors d’une opération menée à Mae Sot, un important point de passage avec la Birmanie. Les policiers y ont également découvert plusieurs affaires liées aux stupéfiants et aux jeux d’argent en ligne.
À Chonburi, un ressortissant chinois recherché dans son pays pour une affaire d’escroquerie a été arrêté après avoir passé près de trois ans en situation irrégulière en Thaïlande.
Les autorités ont aussi interpellé à Bangkok un Israélien de 54 ans qui aurait dépassé la durée autorisée de son séjour de 2 095 jours, soit près de six ans. Il fait également l’objet de poursuites liées à des stupéfiants.
Une politique d’expulsion renforcée
Selon les chiffres communiqués par l’immigration, plus de 81 000 étrangers se sont vu refuser l’entrée sur le territoire depuis octobre 2025. Les autorités ont également recensé cette année plus de 14 000 arrestations liées à des situations de dépassement de visa ou de travail illégal.
Cette offensive intervient quelques semaines après l’entrée en vigueur de nouvelles procédures d’expulsion voulues par le gouvernement. Celles-ci concernent notamment les étrangers en situation irrégulière, les travailleurs clandestins, les auteurs de falsifications documentaires ainsi que les personnes impliquées dans des infractions pénales graves.
Pour Bangkok, cette campagne vise à renforcer le contrôle migratoire et à empêcher que la Thaïlande ne soit utilisée comme base arrière par des personnes recherchées ou liées à des réseaux criminels internationaux. Le message adressé aux contrevenants est sans ambiguïté : ceux qui pensent encore pouvoir se fondre dans l’anonymat d’un pays réputé tolérant en matière de séjour irrégulier commettent une erreur. Les autorités affirment désormais disposer d’outils de contrôle et d’échanges d’informations bien plus performants qu’auparavant. Les ressortissants francophones concernés par des situations de dépassement de visa ne font évidemment pas exception à cette vigilance accrue.



