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Scandale du Sénat et de la Commission Électorale : l’opposition promet une riposte judiciaire et politique

Geo Valin 15 Sep 2026
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Bangkok – La décision de la Commission électorale (EC) de blanchir les figures du parti Bhumjaithai dans l’affaire de collusion lors des élections sénatoriales de 2024 continue de provoquer un séisme politique. Alors que 77 suspects, dont 26 sénateurs, sont renvoyés devant la Cour suprême, les 21 responsables politiques du Bhumjaithai – parmi eux le Premier ministre Anutin Charnvirakul et le stratège Newin Chidchob – échappent à toute poursuite.

Une décision jugée “politique”

Pour Nattapong Ruengpanyawut, chef du principal parti d’opposition The People’s, cette décision est une mascarade. Il accuse les commissaires, dont quatre ont été choisis par une majorité sénatoriale pro‑Bhumjaithai, d’avoir protégé les puissants. L’opposition promet de déposer une plainte pour faute grave contre les membres de l’EC, qui pourraient risquer la prison pour négligence de devoirs.

« Nous irons en justice et nous ramènerons les suspects devant la Cour suprême », a martelé Nattapong.

Témoignages rejetés, soupçons renforcés

Le cœur du scandale repose sur le témoignage d’Ekkarat Changlao, ex‑député Bhumjaithai, qui avait décrit un système de vote pré‑programmé et des réunions secrètes impliquant Anutin et Newin. Mais l’EC a jugé ses propos “incohérents” après leur retrait, écartant ainsi toute poursuite contre les dirigeants du parti.

Le groupe de réforme juridique iLaw dénonce une commission électorale qui “s’est arrogée le rôle de juge”, protégeant les “sénateurs bleus” proches du Bhumjaithai. Selon eux, les preuves auraient dû être transmises intégralement à la Cour suprême.

Vers une motion de censure et des amendements

L’opposition prépare une motion de censure contre Anutin et ses ministres, accusés de corruption et de manipulation électorale. Elle veut aussi modifier la Constitution héritée de la junte afin de retirer aux sénateurs le pouvoir de nommer les juges de la Cour constitutionnelle, les membres de la Commission anticorruption et les commissaires électoraux.

Colère dans la rue

La décision de l’EC pourrait rallumer la contestation. Des réseaux militants comme Thalu Fa ou des figures comme Sondhi Limthongkul évoquent déjà des manifestations. Sondhi accuse l’EC d’avoir “sacrifié les petits poissons pour sauver les gros”, et promet une mobilisation si la justice ne reprend pas le dossier.

Jatuporn Prompan, ancien leader des Red Shirts, estime que “le moment est venu” et attend le verdict de la Cour constitutionnelle sur les bulletins codés du scrutin de février 2026 pour lancer une nouvelle vague de protestations.

Une commission sous pression

Le président de l’EC, Narong Klunwarin, insiste : la décision n’est pas une déclaration de culpabilité, mais un renvoi partiel devant la Cour suprême. Pourtant, la sélectivité des poursuites expose la commission à des accusations de double standard et à des risques juridiques pour malversation.

En résumé

  • 77 suspects poursuivis, dont 26 sénateurs, sur un total de 229 personnes initialement mises en cause.
  • 21 figures du Bhumjaithai, dont Anutin et Newin, épargnées, alors que des preuves existeraient.
  • L’opposition promet plainte judiciaire et motion de censure.
  • Des protestations de rue pourraient éclater fin septembre.
  • La réforme constitutionnelle est désormais au cœur du débat. Le Bumjaithai a l’intention de la torpiller.

Il apparaît clairement que l’establishment – Sénat, Commission électorale, Cour suprême et élite bangkokoise – fonctionne comme un bloc soudé, où chacun protège l’autre. Presque intouchables, ils bénéficient en outre du soutien tacite de l’armée. Partisans du statu quo, ils semblent bien décidés à le prolonger.

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